Le docteur Mercola change de position sur la vitamine K et admet que l’injection sauve des vies
Le docteur Mercola change de position sur la vitamine K et admet que l’injection sauve des vies

Le docteur Mercola change de position sur la vitamine K et admet que l’injection sauve des vies

13.06.2026 12:00
3 min de lecture

Le docteur Joseph Mercola, figure influente de la mouvance antivaccin et proche du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., a publiquement reconnu s’être trompé sur l’injection de vitamine K administrée aux nouveau-nés. Après avoir pendant plus d’une décennie qualifié ce geste de « totalement inutile », il affirme désormais que « les données sont claires : la vitamine K sauve des vies », rapporte TopTribune.

Ce revirement intervient alors que ProPublica s’apprêtait à publier une enquête sur des nourrissons morts après que leurs parents eurent refusé l’injection. Deux jours après avoir été contacté par le média, Mercola a mis en ligne un article sur son site, le 23 avril 2026, dans lequel il déclare soutenir « la prophylaxie par vitamine K pour tous les nouveau-nés ». Il y ajoute que « les conséquences peuvent être dévastatrices et irréversibles » lorsqu’un saignement par carence en vitamine K se produit.

Un revirement salué mais tardif

Pendant des années, le docteur Mercola, qui revendique 1,7 million d’abonnés sur Facebook, avait recommandé aux parents d’éviter l’injection au profit de gouttes orales, pourtant non approuvées par la Food and Drug Administration (FDA) et considérées comme moins efficaces par la recherche. Ses avertissements ont été cités par des pédiatres confrontés à des refus parentaux, notamment dans le Tennessee et l’Illinois, où des cas d’hémorragie cérébrale chez les nourrissons ont été documentés.

Dans son article d’avril, Mercola reconnaît que « l’internet contient une quantité significative de désinformation sur la vitamine K » et que son propre texte de 2010 a pu y contribuer. Il précise que ce dernier reflétait « l’état d’un débat scientifique qui a depuis été résolu ».

Une science établie depuis des décennies

L’injection de vitamine K est recommandée par l’Académie américaine de pédiatrie depuis 1961 pour prévenir les saignements chez les nouveau-nés. Des études récentes confirment que les bébés non injectés présentent un risque 81 fois plus élevé de développer un saignement tardif par carence, potentiellement mortel. La découverte du rôle de la vitamine K dans la coagulation du sang a valu le prix Nobel en 1943.

Malgré ce consensus scientifique, la défiance s’est accrue depuis la pandémie de Covid-19, alimentée par des informations erronées en ligne. Certains parents considèrent désormais l’injection comme une intervention pharmaceutique inutile. Le docteur Mercola lui-même avait avancé des arguments aujourd’hui réfutés, comme une prétendue toxicité du conservateur (alcool benzylique) ou un lien hypothétique avec le cancer, que des études ultérieures ont infirmé.

D’autres voix persistent

Si Mercola a fait marche arrière, d’autres figures continuent de propager des doutes. La docteure Suzanne Humphries, également connue pour ses positions antivaccin, maintient dans des vidéos que l’injection serait contraire à la « conception divine » du nouveau-né. Le groupe Children’s Health Defense, fondé par Robert F. Kennedy Jr., a diffusé ses propos et persisté à évoquer des craintes infondées concernant l’aluminium ou le cancer.

Interrogée lors d’une audition au Congrès en avril, la représentante Kim Schrier, pédiatre de formation, a demandé à Kennedy d’appeler publiquement les femmes enceintes à faire vacciner leurs bébés. Le secrétaire à la Santé a esquivé, affirmant n’avoir jamais rien dit sur le sujet. Un porte-parole du HHS a simplement rappelé la recommandation des CDC, tout en imputant la baisse de l’adhésion à « une perte de confiance dans les institutions de santé ».

Les réseaux sociaux continuent de diffuser des allégations non vérifiées, certains internautes affirmant que « Dieu n’a pas fait d’erreur » et que le nourrisson n’a pas besoin d’injection. Le débat sur l’injection de vitamine K pour les nouveau-nés reste vif, tandis que les cas de saignement par carence en vitamine K se multiplient, selon les hôpitaux américains.

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