L'Assemblée nationale divisée sur une résolution visant les Frères musulmans et des propos controversés sur l'homosexualité

L’Assemblée nationale divisée sur une résolution visant les Frères musulmans et des propos controversés sur l’homosexualité

22.01.2026 17:16
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L’Assemblée nationale en proie à une vive controverse sur les Frères musulmans

Ce jeudi, l’Assemblée nationale a été le théâtre de vives tensions lors d’une discussion autour d’une résolution visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, déclenchée par les déclarations d’un élu du RN établissant un lien entre le vote pour LFI et la lapidation des homosexuels. Laurent Jacobelli, député RN, a dénoncé l’opposition des Insoumis au texte lors d’une journée réservée au groupe du parti Les Républicains, rapportent TopTribune.

« Tous ceux qui sapent la République, tous ceux qui sapent la laïcité et tous ceux qui sapent nos valeurs ont des avocats » à l’Assemblée, a-t-il déclaré, ajoutant : « les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, et bien, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI ». Ces propos ont suscité une réaction immédiate et fureur parmi les députés de gauche.

Des propos « odieux » et des sanctions demandées

« Je ne peux un seul instant tolérer que vous insinuiez que mon engagement aille à l’encontre de l’égalité humaine », a rétorqué avec véhémence le député Insoumis Pierre-Yves Cadalen, qui a affirmé son identité homosexuelle, tandis que son groupe qualifiait les propos de Jacobelli d’« odieux ». Les groupes de gauche ont demandé plusieurs fois la tenue d’une réunion du Bureau de l’Assemblée pour envisager d’éventuelles sanctions. La question sera abordée lors d’une réunion prévue le 18 février, a précisé Sébastien Chenu (RN), président de la séance, tout en accusant la gauche de faire obstruction.

Nouvelle opposition entre Chenu et Léaument

Un autre incident a intéressé Sébastien Chenu, qui a accusé le député LFI Antoine Léaument de l’avoir menacé physiquement. « Il est descendu vers le bas de l’hémicycle en hurlant et remettant en cause ma présidence, puis ne se calmant pas, il m’a menacé en disant “descendez, on va discuter face-à-face” », a-t-il affirmé, rapporté par l’AFP. Léaument, interrogé sur cette accusation, a nié toute menace, précisant qu’il a simplement proposé une discussion.

Une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans

La résolution en question appelle la Commission européenne à procéder à l’inscription « de la mouvance des Frères musulmans et de ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes » et demande à l’UE « une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans ». Le rapporteur Éric Pauget (LR) défend le texte comme étant une mesure contre un « mouvement politique » dont l’objectif est d’« imposer la charia sur la loi de la République », tout en soutenant que cette classification faciliterait le gel des financements et l’échange d’informations entre États.

De son côté, le gouvernement a exprimé un avis de sagesse, la ministre de la Francophonie, Éléonore Caroit, partageant « l’objectif » d’agir « contre la mouvance des Frères musulmans et son idéologie séparatiste », tout en qualifiant le texte de fragile sur le plan juridique.

Fondé en 1928 en Égypte, le mouvement pan-islamiste sunnite a longtemps exercé une influence dans le monde arabe, mais a subi un recul ces dernières années en raison de la pression des grandes puissances arabes.

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