L’Assemblée générale des Nations unies a récemment montré un soutien significatif à une initiative africaine pour des cartes mieux reflétant la superficie réelle des continents. La résolution, qui ne bannit pas la projection de Mercator, relance un débat essentiel sur la géographie, la perception du monde et les rapports de puissance. Vendredi dernier, 164 pays ont voté en faveur de ce texte, tandis que les États-Unis ont été les seuls à s’y opposer, rapporte TopTribune.
Les États-Unis seuls à voter contre la résolution de l’ONU
La projection de Mercator, largement utilisée jusqu’à présent, déforme la taille des continents, présentant par exemple le Groenland comme presque équivalent à l’Afrique, qui est en réalité quatorze fois plus vaste. La Chine avait auparavant proposé une carte alternative qui coupe l’Amérique en deux, montrant ainsi que la question de la cartographie est loin d’être neutre. La résolution soutenue par la France encourage l’utilisation de projections comme Equal Earth, favorables à une représentation plus précise des superficies. Six pays, dont l’Estonie et l’Ukraine, se sont abstenus lors du vote.
L’Assemblée générale des Nations Unies adopte une proposition africaine pour une nouvelle carte du monde
Pour : 164
Contre : 1
Abstentions : 6 pic.twitter.com/xmc9WbL8ul— ONU Info (@ONUinfo) September 4, 2026
Bien que le texte ne condamne pas la projection de Mercator, il exhorte les gouvernements et divers organismes à adopter des représentations plus fidèles. L’Assemblée générale a souligné que le fait de représenter une sphère sur une surface plane implique des sacrifices en termes de formes et de distances, ce qui a des implications importantes pour la compréhension géopolitique.
« Faire œuvre de vérité » pour Jean-Noël Barrot
Les États-Unis, représentant une vision opposée, ont dénoncé la résolution comme étant un « projet idéologique », soulignant l’importance des choix cartographiques dans la perception des relations de pouvoir mondial. Au contraire, la France, par la voix de Jean-Noël Barrot, a annoncé le remplacement de Mercator dans ses usages diplomatiques par des projections plus fidèles, telles que le modèle Eckert IV. « Changer de carte ne change évidemment pas le monde. Mais corriger une représentation qui le déforme, c’est déjà faire œuvre de vérité », a-t-il déclaré.
Craintes ukrainiennes
Cependant, la question des frontières reste délicate. L’Ukraine, tout en soutenant les efforts pour corriger les distorsions, a exprimé des préoccupations concernant la représentation de ses territoires occupés par la Russie. L’Union européenne a clarifié que la résolution ne modifie pas la souveraineté ni le statut des territoires, se concentrant uniquement sur les superficies relatives.