L'ambassadeur américain Charles Kushner privé d'accès au gouvernement français après des absences répétées

L’ambassadeur américain Charles Kushner privé d’accès au gouvernement français après des absences répétées

24.02.2026 18:57
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Dans un tournant significatif des relations franco-américaines, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exigé lundi la révocation de l’accès direct au gouvernement français de Charles Kushner, l’ambassadeur des États-Unis en France. Cette décision fait suite à l’absence répétée de Kushner à des convocations officielles du Quai d’Orsay, notamment celle liée à des commentaires de son ambassade concernant la mort de l’étudiant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, rapporte TopTribune.

Ce manquement représente la seconde constatation d’absence à des « invitations » jugées obligatoires pour l’ambassadeur, après un entretien manqué en août 2025, qui avait déjà suscité des critiques américaines sur la lutte de la France contre l’antisémitisme. Cette inaction est perçue comme une ingérence dans les affaires internes françaises. Dans ce contexte, la sanction imposée à Kushner pourrait être considérée comme une mise au ban de la diplomatie américaine au sein de l’Hexagone.

Une mission vidée de sa substance politique

Selon Jean-Luc Mano, directeur d’Only Conseil, cette sanction est sans précédent et intervient en pleine tension entre les États-Unis et la France. En interdisant à Kushner de rencontrer des ministres français, la France réduit l’ambassadeur à des discussions avec des fonctionnaires, dépouillant ainsi sa mission de sa valeur politique. Mano souligne que la tâche d’un ambassadeur est de favoriser le dialogue au plus haut niveau entre les deux nations.

Jean-Noël Barrot a affirmé que cet incident relevait de la « responsabilité personnelle » de l’ambassadeur, mais il a également tenu à souligner que cela n’affectait pas la relation bilatérale. Cependant, certains experts notent que la crise n’est pas à son apogée, car il n’y a pas eu de déclaration de persona non grata, ce qui aurait entraîné l’expulsion de Kushner.

La nomination de Charles Kushner, une « première humiliation » pour la France

Interrogé sur la portée de cette démarche, un expert en communication de crise émet des réserves. Selon lui, cette initiative s’adresse principalement aux opinions publiques française, européenne et même aux démocrates américains. Il soutient que ce type de sanction semble peu pertinent pour les Républicains au pouvoir, qui méprisent les conventions diplomatiques traditionnelles. « Avant Donald Trump, ces sanctions pouvaient avoir un effet, mais aujourd’hui, son administration rejette ces codes, les considérant comme dépassés », indique Mano.

Mano qualifie la nomination de Charles Kushner, qui date de mai 2025, de « première humiliation » pour la France. Kushner, père de Jared Kushner, conseiller proche de Donald Trump, est perçu comme quelqu’un qui, bien que compétent en affaires, n’a pas d’expérience diplomatique substantielle. « Nommer un individu qui avoue sa méconnaissance de la diplomatie est une perte de respect pour le pays qui l’accueille », conclut-il.

En fin d’après-midi mardi, un léger apaisement semblait perceptible du côté américain. Charles Kushner a contacté Jean-Noël Barrot et a promis de ne pas interférer dans le débat public français, a précisé une source au sein du ministère français des Affaires étrangères.

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