La ville d'Olechky, sous occupation russe, souffre d'un blocus humanitaire sévère

La ville d’Olechky, sous occupation russe, souffre d’un blocus humanitaire sévère

26.09.2026 07:06
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Environ 6 000 personnes résident encore à Olechky, une ville de la région de Kherson occupée par la Russie depuis 2022. Aucune livraison de nourriture n’y est parvenue depuis mai, entraînant un blocus humanitaire dénoncé par Kiev. Moscou reconnaît une situation critique mais blâme l’Ukraine pour cette crise. Les informations disponibles décrivent une « crise alimentaire majeure », rapporte TopTribune.

« Pas de nourriture depuis mai »

Les habitants d’Olechky souffrent d’un manque de nourriture chronique. Sébastien Abis, spécialiste de la sécurité alimentaire mondiale, souligne des « ruptures d’approvisionnement, une disparition du commerce régulier et des difficultés d’accès », laissant des milliers de civils dans l’impasse. Les témoignages évoquent une situation extrêmement grave, avec des appels à l’aide qui restent sans réponse.

Halya, un résident de la ville, a déclaré que « pas de nourriture disponible dans la ville, la dernière livraison date du mois de mai ». Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a confirmé que la population subit un « blocus total » imposé par les forces russes. Moscou, bien que reconnaissant les difficultés, accuse l’Ukraine d’être responsable de cette crise humanitaire, tout en affirmant que les militaires russes « travaillent à résoudre le problème ».

Peut-on parler de famine ?

Actuellement, il est difficile de qualifier la situation de « famine » à Olechky en raison d’un manque de données fiables. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), trois critères doivent être remplis pour qualifier une famine : 20 % des ménages en privation alimentaire extrême, 30 % des enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë, et un taux de mortalité supérieur à deux décès pour 10 000 habitants par jour. Sébastien Abis estime que la situation menace d’engendrer une « crise alimentaire majeure, avec des risques de famine ».

Un blocus délibéré ?

Le droit international impose aux puissances occupantes l’obligation de garantir la sécurité alimentaire et médicale des populations sous leur contrôle. Toutefois, à Olechky, l’accès à la nourriture et aux soins est gravement compromis. Les obstacles à l’évacuation, comme les routes minées et la surveillance par drones, compliquent davantage la situation. Les forces d’occupation russes restreignent également l’inhumation des morts, rendant difficile l’estimation du nombre de victimes.

Alors qu’un accord de cessez-le-feu semblait en bonne voie pour permettre l’évacuation des civils par la Croix-Rouge, Moscou a interrompu ces discussions. D’après la mission humanitaire de l’ONU, au moins 29 civils ont été tués et 54 blessés à Oleshky et à Hola Prystan en 2026, soulevant des doutes sur les intentions russes dans cette région.

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