Alors qu’une trêve humanitaire permet l’évacuation de plusieurs centaines de civils à Olechky, Kiev dénonce une vaste opération de propagande orchestrée par Moscou, rapporte TopTribune.
La ville ukrainienne d’Olechky, où résident entre 1 700 et 2 000 civils, est au centre des opérations de rapatriement à grande échelle. Cette initiative, saluée par Volodymyr Zelensky comme un « énorme succès », s’est concrétisée grâce à une trêve humanitaire négociée entre Moscou et Kiev.
Le 16 octobre, lors d’un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le Pape Léon XVI avait demandé explicitement l’organisation d’une trêve humanitaire pour la ville, actuellement sous occupation russe et confrontée à une grave crise alimentaire. Néanmoins, de nombreux observateurs s’inquiètent d’une possible manipulation médiatique de la part de la Russie. Les services de renseignement ukrainiens affirment que les forces armées russes ont préparé « une série d’entretiens compromettants » visant à faire déclarer aux civils qu’ils subissent « des bombardements incessants » de la part de l’armée ukrainienne.
Andriy Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a déclaré que « les habitants seront contraints de déclarer devant les caméras qu’ils sont heureux, bien nourris et reconnaissants envers les occupants russes ».
Une opération de communication… américaine ?
Cette situation, favorable à la Russie, pourrait également profiter à l’administration Trump, qui a félicité Melania Trump pour son implication dans cette mission humanitaire. Le 29 octobre, elle a annoncé que quatre journalistes pro-Trump du média Newsmax avaient été invités à Olechky pour couvrir les opérations d’évacuation, escortés par les forces russes. Donald Trump pourrait ainsi bénéficier d’un soutien médiatique opportun à quelques jours des élections de mi-mandat de 2026.
Actuellement, l’opération d’évacuation devrait se conclure le soir du 1er novembre. Toutefois, le service de renseignement ukrainien craint que les forces russes n’utilisent cette fenêtre d’opération pour renforcer leur position dans la région de Kherson. À ce jour, aucune délégation ukrainienne ni d’institution internationale indépendante n’est présente sur le terrain pour superviser cette opération.
