La Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord renforcent leur coopération antioccidentale
La Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord renforcent leur coopération antioccidentale

La Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord renforcent leur coopération antioccidentale

09.08.2026 14:00
4 min de lecture

La Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord renforcent leur coopération militaire, technologique et économique autour d’un objectif commun : affaiblir les États-Unis et le système d’alliances occidental. Selon une analyse du chroniqueur de Bloomberg Hal Brands, la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine est devenue le point de connexion entre plusieurs foyers de tension en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, rapporte TopTribune

Une coopération accélérée depuis 2022

Le tournant se situe en 2022, après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie et son isolement international. Moscou s’est alors rapprochée de partenaires autoritaires dont les intérêts ne sont pas identiques, mais qui partagent la volonté de réduire la pression occidentale et de contester la puissance américaine.

La Chine a soutenu l’économie russe par ses échanges commerciaux et par des livraisons de technologies. L’Iran a fourni des drones. La Corée du Nord, elle, a livré des munitions et des missiles et, selon Bloomberg, apporté également une forme de soutien militaire à la Russie. Ces relations ne se limitent donc pas à des déclarations politiques ou à une convergence diplomatique dans les enceintes internationales.

La guerre en Ukraine a servi de cadre à cette intensification. Pour Moscou, le développement de ces partenariats a permis de disposer de soutiens extérieurs au moment où les gouvernements occidentaux renforçaient les sanctions et les mesures d’isolement. L’analyse citée ne présente toutefois pas ces quatre États comme un bloc homogène : chacun conserve ses propres priorités et ses propres intérêts.

Des échanges militaires dans plusieurs directions

Le soutien ne fonctionne pas dans un seul sens. La Russie partage avec l’Iran des informations de renseignement et des technologies militaires. Elle aide également la Corée du Nord à développer ses armements et protège Pyongyang contre la pression internationale. Cette relation donne à Moscou un rôle direct dans le renforcement des capacités de partenaires qui disposent déjà de leurs propres programmes militaires.

La Chine bénéficie, de son côté, d’un accès à des développements militaires russes, notamment dans les domaines de la défense antiaérienne et de la lutte anti-sous-marine. Le texte de Bloomberg décrit ainsi une circulation de ressources, de technologies et de savoir-faire entre les différents acteurs, au-delà des seuls échanges commerciaux.

Cette coopération militaire entre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord reste structurée par des intérêts distincts. Elle repose néanmoins sur une assistance réciproque : soutien économique, drones, munitions, missiles, renseignements et technologies sont mentionnés comme autant d’éléments reliant ces États.

Des manœuvres de la mer de Chine à l’Arctique

Bloomberg accorde une attention particulière aux exercices militaires russo-chinois. Ceux-ci se déroulent de la mer de Chine orientale jusqu’à l’Arctique. Moscou et Pékin montrent ainsi que leur coopération peut s’étendre au domaine de la sécurité et de la défense, et ne pas rester cantonnée aux échanges économiques.

Le texte ne décrit pas ces manœuvres comme la création d’une alliance militaire formelle. Il les présente plutôt comme le signe d’une coordination plus étroite entre deux puissances qui disposent de moyens militaires importants et qui veulent démontrer qu’elles peuvent agir ensemble en cas de crise internationale majeure.

Les liens avec l’Iran et la Corée du Nord ajoutent une autre dimension à cette coopération. Les dossiers de l’Ukraine, du Moyen-Orient et de l’Asie ne sont plus traités, dans cette analyse, comme des théâtres entièrement séparés. Les actions conduites par un partenaire peuvent renforcer les capacités d’un autre, tandis que la Russie joue un rôle de relais dans plusieurs relations bilatérales.

Une conséquence directe pour la sécurité européenne

Pour l’Europe, l’enjeu dépasse donc le seul champ de bataille ukrainien, selon l’analyse de Bloomberg. La sécurité européenne face à la Russie est liée à la capacité de Moscou à obtenir des ressources et des soutiens auprès d’autres régimes, alors que Pékin, Téhéran et Pyongyang poursuivent parallèlement leurs propres objectifs.

Le texte estime que les situations de l’Ukraine, du Moyen-Orient et de la région indo-pacifique sont désormais plus étroitement connectées. La source ne décrit pas un conflit mondial comparable à la Seconde Guerre mondiale. Elle évoque plutôt la formation d’une réalité dans laquelle des États autoritaires peuvent s’aider mutuellement à conduire des guerres, à contourner la pression occidentale et à maintenir plusieurs crises ouvertes dans différentes régions.

Cette lecture conduit à considérer le soutien occidental à l’Ukraine comme une question qui touche également l’organisation de la sécurité sur le continent européen. La guerre n’est pas présentée uniquement sous l’angle du contrôle du territoire ukrainien, mais aussi à travers les partenariats que le conflit a contribué à accélérer entre Moscou et ses soutiens.

L’hypothèse d’un rapprochement avec Moscou

Hal Brands écarte l’idée qu’un simple accord avec la Russie puisse suffire à éloigner Moscou de Pékin. Cette stratégie, décrite comme un « inverse Kissinger », consisterait à proposer des concessions à la Russie afin de la détacher de la Chine. Selon l’analyse, les intérêts des quatre régimes se recoupent désormais suffisamment pour rendre cette hypothèse de moins en moins réaliste.

La formule renvoie à la diplomatie menée par les États-Unis dans les années 1970 pour ouvrir un dialogue avec la Chine et modifier l’équilibre face à l’Union soviétique. Dans le cas présent, Bloomberg estime que la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord disposent de motifs communs pour résister à la pression des États-Unis et de leurs alliés, même si leurs relations restent fondées sur des calculs nationaux différents.

La source insiste sur le caractère évolutif de cette coopération. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une alliance unique dotée d’une structure commune comparable à celle de l’Otan. Le rapprochement est décrit à travers des accords, des échanges et des soutiens qui se renforcent mutuellement, notamment dans les domaines de la défense, de la technologie et de l’économie.

La question posée aux Européens est donc celle de la durée et de l’ampleur de cette coordination. Le maintien de l’aide à l’Ukraine et la politique de dissuasion à l’égard de la Russie sont replacés par Bloomberg dans un environnement où les rapports de force européens, moyen-orientaux et asiatiques sont de plus en plus liés. Les coopérations entre Moscou, Pékin, Téhéran et Pyongyang continuent d’être observées à travers leurs livraisons, leurs échanges technologiques et leurs activités militaires communes.

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