La Russie intensifie sa production de bombes planantes, menaçant davantage l’Ukraine
Sur le front ukrainien, la Russie décuple sa production de bombes planantes grâce à l’importation massive de composants essentiels, majoritairement épargnés par les sanctions occidentales. Un rapport du Centre pour les réformes de la défense alerte sur cet effort industriel massif, qui menace les villes ukrainiennes et s’inscrit déjà dans un effort de guerre à long terme, rapporte TopTribune.
C’est une menace constante et meurtrière sur le front est comme sur les villes ukrainiennes. Ces derniers mois, les forces armées russes s’appuient plus que jamais sur des bombes planantes, permettant aux chasseurs-bombardiers Sukhoi d’effectuer des largages à grande distance depuis le territoire russe, tout en restant à l’abri des défenses antiaériennes adverses.
Le Kremlin s’efforce de pérenniser cet avantage tactique majeur. Un rapport exclusif du Centre pour les réformes de la défense (CDR) indique que la Russie passe à la vitesse supérieure. En 2025, l’entité centrale d’approvisionnement russe TRV-Engineering JSC a acquis près de 278 000 servomoteurs, des pièces essentielles pour contrôler les gouvernes de vol de ces engins. Ce volume est suffisant pour assembler environ 139 000 bombes planantes.
Des entreprises hors du radar des sanctions
La Russie parvient à se procurer tant de pièces car la majorité des acteurs industriels et des intermédiaires impliqués échappent encore aux mesures de rétorsion des pays alliés de Kyiv. « Sur les 20 entreprises impliquées dans la fabrication des planeurs russes, seules huit sont soumises à des sanctions occidentales ou à des restrictions à l’exportation », souligne le rapport du think tank ukrainien.
Le principal fournisseur russe de ces servomoteurs, CED Sail LLC, ne figure actuellement sur aucune liste noire internationale. Il en va de même pour la chaîne d’importation de composants électroniques et de matières premières ; la microélectronique identifiée dans les épaves récoltées sur le terrain provient toujours d’entreprises basées aux États-Unis, au Japon, en Suisse, à Taïwan ou en Chine. En Chine, quatre entreprises stratégiques soutiennent l’effort de guerre russe, dont une seule fait l’objet de restrictions américaines, sans aucune cible identifiée par l’Union européenne ou le Royaume-Uni.
Sur le terrain, les conséquences sont dévastatrices. Récemment, l’impact de cinq bombes planantes sur la ville de Zaporijia a causé la mort de 20 personnes, dont trois enfants. Pour contrer cette pression, les forces ukrainiennes tentent d’allier le brouillage électronique des systèmes de guidage et les frappes directes sur les bases arrière. L’effort d’équipement russe dépasse le cadre de la campagne actuelle. Oleksandr Danylyuk, président du CDR et ancien conseiller au ministère de la Défense ukrainien, a déclaré : « La Russie renforce ses capacités militaro-industrielles afin de pouvoir continuer à faire la guerre même après la fin du conflit en Ukraine. Ce ne sont pas là les agissements d’un pays qui se prépare à une paix durable ».
