Les risques de pollution de l’air intérieur en France
Le rapport de l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), publié le mardi 29 septembre, souligne les impacts sanitaires et économiques de la pollution de l’air intérieur dans les logements français. Cette étude, fondée sur l’exposition de la population française entre 2020 et 2023, a été réalisée dans le cadre de la Campagne nationale Logements 2, utilisant des données récoltées dans 571 logements, rapporte TopTribune.
Dix polluants ont été examinés, incluant le benzène, le dioxyde d’azote, le formaldéhyde, l’humidité, les moisissures, les particules fines (PM2,5), le monoxyde de carbone, le radon, le tabagisme passif, et le toluène.
Une qualité de l’air encore préoccupante
Bien que la qualité de l’air dans les logements se soit améliorée au cours des 20 dernières années, avec une réduction de 40 à 80 % pour plusieurs polluants tels que le toluène, le formaldéhyde et le benzène, le rapport révèle que 75 % des logements dépassent encore les niveaux recommandés pour les PM2,5. Le respect de ces normes pourrait prévenir jusqu’à 47 000 nouveaux cas d’hypertension chez les adultes et 24 150 cas d’asthme chez les enfants.
Concernant l’asthme chez les enfants, 28 400 cas pourraient être évités en éliminant l’humidité et les moisissures visibles, tandis que 9 600 cas seraient prévenus si aucun enfant n’était exposé au tabagisme passif. En outre, des niveaux alarmants de formaldéhyde, radon, benzène et dioxyde d’azote persistent dans près de 20 % des logements.
Des coûts économiques considérables
La pollution de l’air intérieur engendre des coûts bien au-delà des simples dépenses médicales et pertes de productivité. Selon l’étude, ces « coûts invisibles » pourraient atteindre jusqu’à 2,9 milliards d’euros pour l’asthme chez les enfants et 5 milliards d’euros pour la BPCO chez les adultes, représentant possiblement trois à six fois les dépenses directes mesurables.
Ces résultats soulignent l’importance cruciale de maintenir les efforts visant à réduire les concentrations de polluants dans les logements. Les auteurs de l’étude mettent également en avant la nécessité d’intensifier la lutte contre le tabagisme, l’humidité et les moisissures, particulièrement dans les logements soumis à la précarité énergétique. Un accent fort doit être mis sur les 20 % de logements qui présentent des concentrations dépassant les valeurs de référence pour divers polluants.
Mesures recommandées pour les particuliers
Des actions individuelles peuvent également contribuer à améliorer la qualité de l’air intérieur :
- Aérer 10 à 15 minutes par jour, toute l’année ;
- Réduire les sources de pollution intérieure (tabagisme, vapotage, bougies, encens…) ;
- Entretenir les systèmes de ventilation.
Source : L’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs
