L’ingénieur aérospatial et fondateur de l’entreprise VSIM, Gabriel Barresi, évoque dans un entretien les caractéristiques de leur simulateur qui intègre une fonction de retour de force dans les commandes. Ce système, connu sous le nom de control loading, permet de ressentir les forces aérodynamiques qui se manifestent lors du vol. Le simulateur est conçu pour reproduire le Cessna Citation Mustang, un jet privé bimoteur à turbine, et sera installé dans les locaux de ProFlight, reconnu comme le plus grand centre d’entraînement de pilotes en Argentine, en partenariat avec la compagnie aérienne JetSmart. Barresi souligne que cette collaboration a été choisie pour le développement de cet équipement, rapporte TopTribune.
L’appareil dispose d’un impressionnant triple écran 4K capable d’offrir un champ de vision dépassant les 140 degrés. Conçu pour une utilisation intensive, il peut fonctionner jusqu’à 20 heures par jour, avec des horaires s’étendant de 4 heures du matin jusqu’à minuit.
De la machine à laver au Boeing 737 dans sa chambre
À seulement 28 ans, Gabriel Barresi, originaire de General Roca en Argentine, a une longue histoire avec la construction de simulateurs, bien avant l’établissement de son entreprise VSIM. Sa passion pour l’aviation a débuté lorsqu’il était tout jeune, à l’âge de deux ans, lorsqu’il jouait sur la machine à laver de sa grand-mère en imitant un décollage pendant que le cycle de lavage se déroulait.
À ses 15 ans, autour de 2012 ou 2013, il décide de concevoir un simulateur à domicile. À cette époque, faire venir des produits de l’étranger était très compliqué en Argentine. Il se lance dans l’apprentissage autodidacte, choisissant des panneaux découpés au laser d’une entreprise locale pour réaliser son projet.
Malheureusement, son premier prototype est détruit par un incendie, mais il persévère en construisant un deuxième et un troisième modèle, chacun étant amélioré par rapport au précédent, avant de rencontrer à Bariloche une personne disposant d’une découpeuse laser pour perfectionner ses techniques.
À l’âge de 16 ans, plutôt que de se contenter d’un simple Cessna 172 d’aéroclub, il parvient à intégrer une cabine complète de Boeing 737 dans sa chambre, réduisant l’espace de vie juste à son lit. Il diffuse des images sur un groupe Facebook dédié à la simulation, attirant rapidement des commandes de clients du Royaume-Uni et des États-Unis, bien avant d’avoir terminé ses études secondaires. Il réussit finalement à livrer quelques cabines.
Un diplôme d’ingénieur et le concept d’entraînement négatif
Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur aérospatial à l’Universidad Nacional de La Plata, Barresi décrit sa formation comme très variée, couvrant tous les domaines de l’aviation, de la construction d’aéronefs à la conception de satellites en passant par la fabrication de pales d’éoliennes. Cette éducation large lui confère une solide base pour ses projets futurs.
Durant ses études, il prend conscience d’un phénomène qu’il nomme l’entraînement négatif, qui désigne le risque qu’un simulateur défectueux dans ses sensations ou ses procédures conduise un pilote à adopter des comportements inappropriés en cas d’urgence réelle. Cette expérience l’incite à développer ses simulateurs de manière plus rigoureuse et précise.
À 28 ans, il retourne dans sa ville natale pour fonder VSIM, une société spécialisée dans la conception de simulateurs de vol destinés à rivaliser avec les produits étrangers. Barresi évoque une approche d’intégration verticale de l’entreprise, où ils maîtrisent tous les aspects de la production, des composants électroniques aux logiciels, en passant par la structure, le tout réalisé localement. VSIM conçoit ses propres circuits imprimés et utilise des machines à découpe laser ainsi que des imprimantes 3D, en collaborant avec des fournisseurs locaux pour les aspects structurels.
L’entreprise cible deux segments de marché : les particuliers souhaitant acquérir du matériel pour le loisir ou pour maintenir leurs compétences aéronautiques, et les institutions telles que les aéroclubs ou centres de formation, à l’instar de ProFlight.
Le premier modèle proposé par VSIM est un simulateur de Cessna 172 monomoteur, équipé du système d’avionique Garmin G1000. Ce simulateur est proposé à un tarif compris entre 16 000 et 17 000 dollars, variant selon les licences logicielles demandées. Les coûts augmentent légèrement pour les usages commerciaux en raison de la réglementation stricte à respecter. Barresi mentionne sa capacité à personnaliser chaque appareil, allant jusqu’à reproduire le modèle spécifique d’un client possédant déjà un avion.
Le simulateur est également programmé pour simuler une géographie régionale entre le fleuve et le plateau de l’Alto Valle, permettant aux aéroclubs de proposer un cursus de formation menant à la licence de pilote commercial, offrant ainsi aux jeunes une chance de démarrer leur carrière sans avoir à se déplacer vers d’autres établissements.