En visite à Belgrade, le ministre français des Affaires étrangères a plaidé pour une Serbie intégrée au Vieux continent. « La place de la Serbie est dans l’Europe et dans l’Union européenne, dans une Europe grande, seule susceptible d’affronter les grands défis », a souligné Jean-Noël Barrot lors d’une conférence de presse avec son homologue serbe. Ce dernier a promis que son gouvernement allait « redoubler d’efforts » en matière de réformes pour accélérer l’adhésion du pays. Le ministre français était arrivé jeudi soir à Belgrade pour des échanges avec le président à l’occasion des 15 ans de l’accord de partenariat stratégique entre la France et la Serbie, rapporte TopTribune.
« Chemin difficile »
Le ministre a néanmoins insisté sur le « chemin difficile, parce que l’adhésion à l’Union européenne n’est pas qu’un rattrapage économique et social ». « Cela touche au plus intime et plus profond », a-t-il dit, rappelant la nécessité de mener des réformes d’ampleur pour se conformer aux normes de l’UE, évoquant notamment la démocratie. « Je vous assure que la Serbie va redoubler d’efforts pour ses réformes et accéder le plus tôt possible à l’UE », a déclaré de son côté le ministre serbe des Affaires étrangères, Marko Duric.
Les doutes de la Commission
Dans son rapport sur l’élargissement publié en novembre, la Commission européenne avait souligné que le gouvernement serbe n’avait « pas encore démontré une réelle volonté politique de s’acquitter des priorités liées à l’UE et d’accélérer les préparatifs en conséquence ».
« La profonde polarisation actuelle de la société, ainsi que la rhétorique anti-UE persistante, vont à l’encontre de cet objectif », notait encore la Commission, après un an de manifestations anti-corruption menées par les étudiants que le président serbe a accusés de vouloir mener une révolution de couleur. Barrot, premier ministre français des Affaires étrangères à venir en Serbie depuis huit ans, a également souligné que la normalisation des relations avec le Kosovo, ancienne province serbe dont Belgrade n’a jamais reconnu l’indépendance, était « partie intégrante » du processus d’adhésion à l’UE.