La Finlande et la Norvège échangent avec Poutine : relance du débat sur le dialogue avec le Kremlin

La Finlande et la Norvège échangent avec Poutine : relance du débat sur le dialogue avec le Kremlin

06.11.2026 13:16
2 min de lecture

Le 27 octobre, le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre ont eu un échange téléphonique prolongé avec Vladimir Poutine, marquant une première pour des dirigeants européens depuis Emmanuel Macron en juillet 2025. Bien que le dossier ukrainien ait été peu abordé, cette initiative suscite des réactions mitigées au sein de l’UE, relançant le débat sur la nécessité d’un dialogue direct avec le Kremlin, rapporte TopTribune.

Prévu pour durer 20 minutes, cet échange s’est finalement prolongé sur une heure et demie. Alexander Stubb et Jonas Gahr Støre ont cherché à établir un dialogue direct en tant que pays voisins, ne prétendant pas parler au nom de l’ensemble de l’Europe. Cependant, plusieurs chancelleries européennes n’ont pas vu cette initiative d’un bon œil.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a exprimé son scepticisme face à cette « initiative indépendante non coordonnée », ravivant ainsi le débat parmi les États membres de l’UE sur l’importance de maintenir un canal de communication avec Poutine. Dans le même temps, Donald Trump se prépare à rencontrer Poutine en Chine lors du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, prévu les 18-19 novembre, soulignant un contraste avec la position européenne.

« Déjà été fait et cela n’a rien donné »

Nicolas Tenzer, politologue et cofondateur du Desk Russie, critique cette approche : « C’est niet, cela n’a aucun sens tant que Moscou n’a pas subi de défaite militaire en Ukraine. Poutine n’a pas envie de discuter. Cela a déjà été tenté par Macron et l’ancien chancelier allemand Olaf Scholz pour quels résultats ? » Il ajoute que les appels à dialoguer avec Poutine sont vains. Dans un entretien début 2025, Pierre Levy, ancien ambassadeur à Moscou, plaidait pour un dialogue, tout en appelant à la prudence pour éviter d’être manipulé.

Cette division parmi les États européens est perçue comme un « signal de faiblesse » envoyé à Moscou, selon Tenzer, qui met en garde contre une éventuelle réhabilitation de Poutine, actuellement sous un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Zelensky plaide pour une rencontre

Alors que les négociateurs ukrainiens et russes se rencontrent à Abou Dhabi les 10 et 11 novembre, avec une participation américaine, Volodymyr Zelensky exprime son souhait de rencontrer Poutine. Bien qu’il rejette l’idée d’une entrevue à Moscou ou à Kiev, considérant cela contre-productif, il propose Istanbul comme cadre pour cette rencontre, en compagnie de Recep Erdogan.

Au cours d’une conférence de presse à Berlin, en présence du chancelier allemand Friedrich Merz, Zelensky a souligné que cette entrevue était nécessaire pour « faire le premier pas vers un cessez-le-feu », tout en désignant Poutine comme « l’agresseur » du conflit. Cette volonté de dialogue se heurte à l’hésitation des dirigeants européens, renforçant l’image du président ukrainien comme celui qui cherche réellement une issue pacifique, malgré la lucidité sur l’absence d’une réponse favorable de Poutine.

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