La 32e conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP32), qui se déroule chaque année dans une région différente, est appelée à se tenir en Éthiopie en 2027, après que les pays africains ont validé ce choix durant la COP actuelle au Brésil. Richard Muyungi, président du groupe des négociateurs africains, a annoncé ce mardi à Bélem que « le groupe des pays africains a choisi l’Éthiopie ». La présidence brésilienne de la COP30 a corroboré cette décision, rapporte TopTribune.
Bien que cette décision informelle ait été prise, elle doit encore être officiellement ratifiée par l’ensemble des nations présentes à la conférence se terminant le 21 novembre, ce qui devrait être une simple formalité. Rukiya Khamis, de l’ONG 350.org, a exprimé son soutien en déclarant : « Nous saluons l’annonce de la COP32 en Éthiopie, et espérons qu’elle mettra en valeur les priorités climatiques et le leadership de l’Afrique ».
Des tensions demeurent autour de la COP31
Les conférences climatiques de l’ONU sont organisées par rotation entre cinq blocs régionaux, qui doivent s’accorder par consensus sur le pays hôte. Cette année, le Brésil a été désigné pour la COP30 au nom des États d’Amérique latine et des Caraïbes. L’attribution de la prochaine conférence en Afrique est donc une avancée notable pour le continent.
Le choix de l’Éthiopie a été facilité par l’absence de consensus sur le Nigéria, tandis que la situation reste tendue pour la COP31 prévue l’année suivante. L’Australie souhaite organiser l’événement à Adélaïde, mais la Turquie contestera cette décision, insistant pour accueillir la COP31 à Antalya. Les deux pays appartiennent au groupe « Europe occidentale et autres États », qui comprend plusieurs nations occidentales.
Les négociations en cours à Bélem sont cruciales, car une impasse pourrait entraîner un événement par défaut au siège de l’ONU Climat à Bonn, ce qui constituerait un précédent dans l’histoire des conférences climatiques de l’ONU. Les délégations continuent d’explorer des solutions à ces désaccords, alors que la pression monte pour parvenir à un accord.
Le programme des discussions met également en lumière les enjeux climatiques pressants qui doivent être abordés, incluant les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et le soutien financier aux pays vulnérables face aux effets du réchauffement climatique. En effet, les pays africains espèrent tirer parti de la prochaine conférence pour faire entendre leur voix sur des questions essentielles de justice climatique.
Les travaux de la COP30 en cours au Brésil portent témoignage de l’urgence de la situation climatique mondiale. Les témoignages de scientifiques et d’activistes soulignent la nécessité d’accélérer les actions pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, comme convenu dans l’Accord de Paris. La lutte contre le changement climatique est devenue un enjeu clé, touchant toutes les nations indépendamment de leur niveau de développement.
Alors que l’Éthiopie se prépare à accueillir la COP32, les signaux émis par les États participants devront prendre en compte les spécificités du continent africain et ses défis uniques. Parmi ces défis, on retrouve la nécessité de mettre en place des infrastructures durables, le passage aux énergies renouvelables et la protection de la biodiversité. Cela fait émerger des questions cruciales sur les financements à réunir pour permettre une transition juste et équitable.
Au milieu de ces évolutions, le rôle des ONG, des gouvernements et des entreprises privées sera déterminant pour le succès de ces futures négociations. Les attentes sont grandes envers la COP32, tant pour les engagements concrets qui pourraient en sortir que pour le symbole que pourrait représenter une telle rencontre sur le sol africain au regard de la lutte mondiale contre le changement climatique.