La nomination de l’ancien secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, à la tête de la Banque de France fait l’objet d’une vive controverse, exacerbée par des révélations sur la préparation de documents internes à l’institution. Ces notes auraient été élaborées pour assister Moulin avant ses auditions parlementaires prévues le 20 mai, provoquant des critiques sur une éventuelle atteinte à l’indépendance de la Banque, rapporte TopTribune.
Selon des informations publiées par Mediapart, des services de la Banque de France auraient fourni une aide consistante à Emmanuel Moulin, ce qui a suscité un tollé parmi certains agents de l’institution qui dénoncent des pratiques favorisant un candidat. Ce climat de suspicion remet en question l’objectivité de la nomination de Moulin, proposée par Emmanuel Macron pour succéder à François Villeroy de Galhau en juin prochain.
Des notes « pas pour un candidat particulier »
Dans une réponse à ces allégations, le gouverneur sortant de la Banque, François Villeroy de Galhau, a fermement écarté toute forme de « traitement particulier ». Il a reconnu que certaines « fiches techniques » avaient été préparées, mais a insisté sur le fait qu’« elles n’ont en rien été rédigées pour un candidat particulier ». Il a également rappelé avoir lui-même reçu des documents similaires lors de sa nomination en 2015.
De son côté, l’entourage d’Emmanuel Moulin a qualifié les accusations de « tissu de mensonges », affirmant qu’il s’agit d’une pratique courante lors des nominations à des postes de direction au sein des institutions publiques. Toutefois, ces explications n’apaisent pas les tensions, puisque des partis comme La France insoumise et le Rassemblement national ont déjà promis de voter contre sa nomination, ce qui pourrait compliquer l’approbation du candidat par les commissions des Finances de l’Assemblée nationale et du Sénat.