L’UE augmente ses achats de GNL russe malgré sa sortie programmée
L’UE augmente ses achats de GNL russe malgré sa sortie programmée

L’UE augmente ses achats de GNL russe malgré sa sortie programmée

10.08.2026 15:55
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Les pays de l’Union européenne ont augmenté de 14 % leurs achats de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en juin 2026 par rapport au même mois de l’année précédente, malgré la décision européenne de mettre progressivement fin aux importations de gaz russe d’ici à la fin de 2027. La France a absorbé la plus grande partie de ces volumes, notamment via le terminal de Montoir-de-Bretagne, dans l’ouest du pays, rapporte TopTribune.

Selon des informations publiées le 8 août 2026 par plusieurs médias européens, les revenus de la Russie liés à ses livraisons d’énergie vers l’Europe atteignent environ 60 millions d’euros par jour. Le gaz russe continue d’arriver sur le marché européen principalement sous forme de GNL, alors que les États membres ont engagé une réduction progressive de leur dépendance aux hydrocarbures russes depuis le début de la guerre contre l’Ukraine.

La France au centre des flux de GNL russe

Le terminal de Montoir-de-Bretagne a reçu en juin quatre fois plus de gaz russe qu’en mai. Les données citées dans les informations disponibles ne précisent pas le volume exact déchargé sur le site, mais elles placent la France au premier rang des pays européens concernés par la hausse des importations de GNL russe.

La Russie reste le deuxième fournisseur de GNL de l’Union européenne. Les cargaisons sont également acheminées par des terminaux situés en Espagne et en Belgique. Les pays européens reçoivent principalement cette matière première depuis le terminal russe de Yamal LNG, situé dans l’Arctique. Au cours du premier semestre 2026, 136 cargaisons en ont été importées, pour un volume total de 9,97 millions de tonnes. Il s’agit d’un record selon les éléments rapportés.

Une analyse du centre de recherche Bruegel estime que le gaz russe dans les importations européennes représentait 13,4 % du total au deuxième trimestre. Ce chiffre concerne l’ensemble des importations de gaz de l’Union européenne et comprend les différents modes d’acheminement mentionnés dans les données disponibles.

Une sortie du gaz russe prévue pour 2027

Au début de 2026, l’Union européenne a adopté un calendrier visant à mettre fin progressivement aux importations de gaz russe par gazoduc et de GNL russe. Le dispositif prévoit d’abord la suppression des contrats à court terme, puis celle des contrats de plus longue durée. La période transitoire doit laisser aux entreprises énergétiques européennes le temps de se tourner vers d’autres marchés et d’éviter une rupture brutale de l’approvisionnement.

Cette organisation permet encore aux compagnies européennes de conclure ou d’exécuter certains contrats pendant la phase de transition. L’objectif affiché du calendrier est de réduire la dépendance européenne sans provoquer de pénurie ni de choc sur les prix. Malgré la baisse enregistrée depuis 2022, le gaz russe demeure donc présent dans le système énergétique de l’Union.

La hausse observée en juin intervient pendant la période estivale, traditionnellement consacrée au remplissage des stocks souterrains avant la saison de chauffage. Les importateurs européens recherchent alors des cargaisons disponibles auprès de plusieurs fournisseurs. Les données rapportées indiquent que le GNL russe continue de faire partie de ces sources d’approvisionnement, en parallèle des volumes fournis par les États-Unis, le Qatar, l’Algérie, le Nigeria et la Norvège.

Les États-Unis fournissent plus de la moitié du GNL européen

Les États-Unis jouent un rôle central dans le remplacement progressif des ressources russes. Ils fournissent plus de 50 % du GNL importé par l’Union européenne. Le reste des besoins européens est couvert par plusieurs producteurs, parmi lesquels le Qatar, l’Algérie, le Nigeria et la Norvège.

Les projections citées dans le dossier indiquent que l’Union européenne pourrait recevoir 80 % de ses importations de GNL depuis les États-Unis d’ici à 2028. Ce changement dépend toutefois de la mise en œuvre du calendrier européen et de la capacité des entreprises à réorienter leurs contrats et leurs infrastructures. Les informations disponibles ne précisent pas la répartition future entre les différents États membres.

Pour les entreprises européennes, la suppression progressive des contrats russes doit s’effectuer par étapes. Les engagements à court terme doivent être arrêtés avant les contrats de longue durée, selon le calendrier adopté au début de l’année. Dans l’intervalle, les cargaisons russes peuvent continuer à atteindre les terminaux européens déjà opérationnels, notamment en France, en Espagne et en Belgique.

Des recettes énergétiques qui continuent d’alimenter la Russie

Les importations de GNL représentent une source de revenus pour les entreprises énergétiques russes et pour les finances publiques du pays. Les estimations citées évaluent à environ 60 millions d’euros par jour les revenus russes tirés des livraisons d’énergie vers l’Europe. Ces recettes s’ajoutent aux autres revenus issus des exportations d’hydrocarbures russes.

Dans le dossier fourni, la poursuite de ces achats est présentée comme un apport financier permettant à la Russie de maintenir ses dépenses liées à la guerre contre l’Ukraine, notamment la production d’armements et les paiements destinés aux militaires. Le montant de 60 millions d’euros couvre les livraisons d’énergie à l’Europe et ne correspond pas au seul GNL importé par l’Union.

La situation place les décisions commerciales des entreprises européennes en regard de l’objectif politique fixé par l’Union. Bruxelles a prévu une fin graduelle des importations, mais les flux enregistrés en juin montrent que le marché européen continue d’acheter du GNL russe pendant la période transitoire. Les données ne permettent pas, à elles seules, de déterminer la part exacte de chaque entreprise ou de chaque État membre dans ces achats.

Le développement d’une flotte de transport russe

La Russie développe par ailleurs une flotte dite « fantôme » pour transporter son GNL. Cette stratégie vise à disposer de navires et de circuits logistiques permettant de maintenir les exportations malgré de futures restrictions. Le dossier rapproche cette évolution du modèle déjà utilisé par Moscou pour le transport de son pétrole, sans fournir de détail sur le nombre de navires concernés ni sur leur pavillon.

Le recours à cette flotte pourrait compliquer le suivi des cargaisons et le contrôle des mesures européennes lorsque de nouvelles limitations entreront en vigueur. À ce stade, les informations rapportées établissent le développement de cette capacité de transport, mais ne détaillent pas encore son utilisation opérationnelle pour les livraisons de GNL vers l’Union européenne.

La progression des importations en juin et le record de 136 cargaisons provenant de Yamal LNG au premier semestre montrent que le gaz russe conserve des débouchés dans l’Union avant l’échéance de 2027. Les terminaux français, espagnols et belges restent les principaux points d’entrée mentionnés dans les informations disponibles, tandis que les entreprises européennes poursuivent la constitution des stocks pour le prochain hiver.

Les données sur les importations de juin ont été rapportées par Die Welt et par Deutsche Welle, alors que le calendrier européen prévoit toujours l’arrêt progressif des achats de gaz russe d’ici à la fin de 2027.

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