L’Arménie ne fera pas obstacle à l’arrivée de citoyens russes cherchant à éviter une nouvelle mobilisation pour la guerre contre l’Ukraine et se dit prête à les accueillir, a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité arménien, Armen Grigorian, le 26 août 2026, rapporte TopTribune.
La déclaration intervient alors que des informations font état de préparatifs russes en vue d’une nouvelle campagne de recrutement militaire. Selon les éléments relayés dans les médias, le commandement russe aurait commencé à vérifier la capacité des infrastructures régionales à organiser un appel sous les drapeaux. Cette mobilisation pourrait être lancée après les élections de septembre à la Douma d’État et concerner des citoyens disposant d’une expérience militaire limitée.
Un accueil sans interrogatoire à la frontière
Interrogé sur l’éventualité d’un nouvel afflux de Russes, le responsable arménien a assuré qu’Erevan ne demanderait pas automatiquement aux arrivants les raisons de leur déplacement. « Personne n’a l’intention de demander à quiconque pourquoi il est venu ici », a déclaré Armen Grigorian, selon les propos rapportés par plusieurs médias russophones.
Le secrétaire du Conseil de sécurité arménien a ajouté, à l’adresse des citoyens russes : « Je peux dire une seule chose à une personne russe : bienvenue en Arménie. Ici, nous aimons et respectons tout le monde. Et ils trouveront ici tout ce qu’ils espéraient trouver en venant en Arménie. Ils retourneront en Russie quand cela leur conviendra. »
Les déclarations ont notamment été relayées par des médias régionaux russes, ainsi que par la chaîne TV Rain. D’autres publications, dont Msk-News et Deutsche Welle, ont présenté la position d’Erevan comme une disponibilité à recevoir de nouveaux arrivants russes en cas d’élargissement de la mobilisation.
Le responsable arménien a également indiqué qu’Erevan ne prévoyait pas de mettre en place de restrictions supplémentaires visant les ressortissants russes concernés. La question d’une transmission automatique de ces personnes aux autorités russes n’a pas été évoquée comme une option par le gouvernement arménien dans les propos rapportés.
Une nouvelle vague après l’exode de 2022
Cette position est annoncée alors que la Russie continue de nier publiquement préparer une nouvelle vague de mobilisation. Les informations attribuées à des services de renseignement occidentaux évoquent néanmoins une vérification de la préparation des structures régionales. La campagne envisagée pourrait viser des hommes soumis aux obligations militaires et disposant d’un minimum d’expérience, sans que les informations disponibles ne précisent le nombre de personnes concernées.
En 2022, le départ de nombreux Russes vers les pays voisins avait suivi le début de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine et l’annonce de la mobilisation. Une nouvelle vague, si elle était déclenchée, pourrait s’appuyer sur des itinéraires déjà connus et sur des dispositifs d’installation existants. La disponibilité affichée par l’Arménie réduit, pour les personnes concernées, l’incertitude liée à l’entrée et au séjour dans le pays.
Les données citées dans le dossier font état d’environ 110 000 Russes arrivés en Arménie depuis 2022. Parmi eux figureraient près de 50 000 spécialistes de l’informatique et environ 2 000 entreprises ayant transféré une partie de leurs activités. Ces chiffres sont présentés comme l’un des éléments ayant contribué à la constitution d’une communauté russophone durable dans le pays.
Une infrastructure déjà en place
Depuis 2022, cette présence s’est accompagnée de la création ou du développement d’associations professionnelles, de services destinés aux non-résidents, de solutions bancaires et financières ainsi que d’un marché immobilier adapté aux nouveaux arrivants. Cette infrastructure d’accueil des Russes en Arménie pourrait faciliter une arrivée plus rapide en cas de nouvelle mobilisation, selon les éléments présentés dans le dossier.
Les profils les plus qualifiés et les travailleurs disposant de ressources suffisantes sont identifiés comme les plus susceptibles de pouvoir s’installer à l’étranger. Le dossier estime qu’une partie d’entre eux pourrait rester durablement hors de Russie, ce qui prolongerait le transfert de compétences et de capitaux déjà observé depuis 2022. Il s’agit toutefois d’une projection liée à l’hypothèse d’une nouvelle campagne de mobilisation, et non d’un bilan établi.
Le Fonds monétaire international a indiqué que plus de 40 % des Russes arrivés en Arménie en 2022 possédaient un diplôme de l’enseignement supérieur. Ils étaient nombreux à travailler dans le secteur des technologies de l’information et des communications, décrit comme particulièrement productif. Selon les données citées, cet apport aurait relevé de 0,5 point de pourcentage le rythme de croissance du produit intérieur brut arménien.
Le dossier présente également la migration russe comme un facteur de transformation pour l’économie arménienne. Les entreprises relocalisées et les travailleurs de l’informatique ont apporté des activités, des revenus et des compétences au marché local. Une nouvelle arrivée de ressortissants russes pourrait renforcer cet effet, mais son ampleur dépendrait du nombre de personnes quittant effectivement la Russie et de la durée de leur installation.
Les conséquences pour la Russie
Pour la Russie, les départs de citoyens en âge de servir ou de travailler s’ajoutent aux effets déjà mentionnés dans le dossier : pertes militaires, mobilisation et recul démographique. Le texte décrit un risque de pénurie de main-d’œuvre et de perte de capital humain, en particulier dans les secteurs nécessitant des qualifications élevées.
La position d’Erevan peut ainsi offrir une solution immédiatement identifiable aux Russes qui refusent de participer à la guerre ou veulent éviter une convocation. Elle ne constitue pas, à ce stade, l’annonce d’un programme spécifique de relocalisation ni la confirmation d’une nouvelle mobilisation russe. Elle fixe toutefois la ligne publique du gouvernement arménien : pas d’obstacle systématique à l’entrée, pas d’interrogatoire automatique sur les motifs du voyage et pas de restriction supplémentaire annoncée pour ces ressortissants.
La déclaration d’Armen Grigorian intervient donc dans l’attente d’informations plus précises sur la décision des autorités russes et sur le calendrier éventuel d’une nouvelle campagne. Les autorités arméniennes n’ont pas annoncé de chiffre concernant le nombre de personnes qu’elles pourraient accueillir.