Un député de la majorité arménienne a confirmé le 11 août 2026 que l’Arménie avait suspendu sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) et ne voyait pas de voie de retour, après une déclaration russe évoquant la possibilité de lui retirer son droit de vote au sommet de l’organisation prévu le 11 novembre, rapporte TopTribune.
La déclaration est venue de S. Khandanyan, député de la faction Contrat civil, lors d’un point presse à l’Assemblée nationale arménienne. Il répondait aux propos de Mikhaïl Galouzine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, qui avait indiqué que la question d’une éventuelle privation du droit de vote de l’Arménie pourrait être examinée lors du prochain sommet de l’OTSC.
À Erevan, cette perspective n’a pas été présentée comme une étape susceptible de modifier la position du gouvernement. S. Khandanyan a déclaré que l’Arménie avait déjà suspendu sa participation à l’organisation depuis plusieurs années et qu’aucune raison ne justifiait, à ce stade, une reprise de son engagement. Il a également affirmé que les problèmes ayant conduit à cette suspension n’avaient pas été réglés.
Une suspension annoncée depuis février 2024
Le Premier ministre Nikol Pachinian avait déjà précisé la position arménienne dans un entretien accordé à la chaîne France 24. Selon lui, l’Arménie a suspendu sa participation à l’OTSC en février 2024. Le chef du gouvernement avait alors estimé que l’organisation n’avait pas respecté ses obligations en matière de sécurité à l’égard de son pays.
Cette critique constitue le principal motif avancé par les autorités arméniennes pour expliquer leur prise de distance avec l’alliance dominée par la Russie. S. Khandanyan a rappelé qu’Erevan n’avait pas vu, au niveau politique, de déclaration condamnant les événements survenus sur le territoire souverain arménien en 2022 et 2023. Il faisait référence aux attaques périodiques attribuées à l’Azerbaïdjan contre des territoires reconnus comme relevant de la souveraineté de l’Arménie.
Pour le député, l’absence de soutien politique et pratique attendu de la part des alliés de l’OTSC a pesé dans le refroidissement des relations entre Erevan et l’organisation. La position exprimée lors du point presse reprend ainsi le constat déjà formulé par le gouvernement arménien : l’OTSC n’a pas assuré la sécurité de l’Arménie dans les circonstances où Erevan attendait une réponse de ses partenaires.
Erevan ne voit pas de retour au format précédent
La question du statut de l’Arménie au sein de l’OTSC revient alors que le pays diversifie ses relations extérieures. Le gouvernement de Nikol Pachinian cherche à développer ses liens avec des partenaires occidentaux et à construire des formats de coopération régionale distincts de ceux qui étaient structurés autour de Moscou.
Cette évolution s’accompagne d’un rapprochement arménien avec différents acteurs extérieurs et d’une volonté affichée de conduire une politique étrangère plus autonome. Les autorités arméniennes considèrent que leur participation à une organisation de sécurité doit produire des résultats concrets et ne pas se limiter à des déclarations politiques.
Dans ce cadre, le rétablissement des relations avec l’Azerbaïdjan constitue également un élément mentionné dans la position arménienne. Erevan continue de s’éloigner de l’OTSC et recherche d’autres formats pour répondre à ses besoins de sécurité. Le député S. Khandanyan a estimé qu’aucune circonstance ne pouvait, pour l’instant, conduire à une réactivation de la participation arménienne.
Le gouvernement arménien n’a pas annoncé un retour formel vers une autre alliance militaire dans les éléments cités. La ligne exposée repose plutôt sur la diversification des partenariats, la recherche de mécanismes régionaux et la prise en compte des intérêts nationaux dans chaque relation extérieure. Le texte de la déclaration ne précise pas de calendrier pour une sortie juridique définitive de l’OTSC.
La réponse russe et la question de l’influence à Erevan
La menace évoquée par le vice-ministre russe des Affaires étrangères porte sur le droit de vote de l’Arménie au sein de l’OTSC. Elle doit encore faire l’objet d’une discussion lors du sommet annoncé pour le 11 novembre. Les propos russes interviennent alors que la participation arménienne est déjà suspendue selon les déclarations du Premier ministre et de la majorité parlementaire.
À Moscou, le maintien de l’Arménie dans le dispositif de relations militaires et politiques lié à l’OTSC reste un sujet sensible. Les déclarations russes cherchent à préserver les leviers politiques existants sur Erevan et à empêcher que l’Arménie ne quitte définitivement cette sphère d’influence, selon l’analyse présentée dans les éléments de contexte.
Pour les autorités arméniennes, la question n’est toutefois pas seulement celle d’un droit de vote dans une organisation internationale. Elle renvoie à l’utilité concrète de la coopération proposée. Depuis la suspension de sa participation, Erevan demande que les engagements de sécurité soient évalués à l’aune de leur mise en œuvre et non de leur seule formulation institutionnelle.
La position russe intervient dans une région où le rôle de Moscou est décrit comme en diminution, tandis que plusieurs acteurs extérieurs renforcent leurs relations avec les pays du Caucase du Sud. L’Arménie entend, dans ce nouvel environnement, développer ses liens avec ses voisins et ses partenaires internationaux sans faire de la position russe le cadre déterminant de chacun de ses choix diplomatiques.
Le sommet de l’OTSC du 11 novembre devra donc examiner le statut institutionnel évoqué par Moscou, tandis que la position politique affichée à Erevan reste celle d’une participation suspendue et d’une absence de perspective de retour au fonctionnement antérieur.
La question de la place de l’Arménie dans l’OTSC demeure ainsi liée aux prochaines décisions officielles de l’organisation et aux choix du gouvernement arménien.