
Chaque printemps, les jours fériés du mois de mai offrent l’occasion de faire des pauses bienvenues dans le calendrier de travail. Toutefois, en fonction du statut du salarié, de son ancienneté ou de l’organisation des heures de travail, ces journées peuvent parfois mener à des rémunérations réduites, voire absentes, rapporte TopTribune.
Différentes règles de paiement selon le statut des employés
En France, la législation reconnait onze jours fériés éparpillés tout au long de l’année. Le traitement de ces jours varie cependant en fonction de plusieurs facteurs tels que la convention collective, la politique de l’entreprise, ou encore l’ancienneté des employés.
En règle générale, lorsqu’un jour férié n’est pas travaillé, le salarié est censé continuer de recevoir son salaire habituel. Cependant, cette garantie n’est pas systématique.
Le Code du travail stipule notamment qu’une condition d’ancienneté existe pour bénéficier du maintien de la rémunération dans le secteur privé. *« Le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés ayant au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise »*, précise la réglementation.
En pratique, un employé récemment recruté pourrait se retrouver sans salaire pour une journée chômée.
L’exception concerne uniquement la fête du Travail. *« Le 1er mai est obligatoirement chômé, sauf dans les établissements et services où l’activité ne peut être interrompue »*, indique l’administration française. Si un salarié travaille ce jour-là, il doit être rémunéré double.
Salariés à risque de pertes salariales
En réalité, plusieurs catégories de travailleurs peuvent subir des pertes de revenus lors des jours fériés.
Les employés n’ayant que peu d’ancienneté sont les plus affectés. Sans les trois mois d’ancienneté requis, ils ne bénéficient pas nécessairement du maintien de leur salaire durant ces jours.
Les travailleurs à temps partiel peuvent également être impactés. Si un jour férié coïncide avec un jour non travaillé, aucune rémunération spécifique n’est prévue.
Certaines catégories particulières sont également moins protégées. Les travailleurs à domicile ou ceux rémunérés à la tâche, par exemple, ne sont pas toujours soumis aux mêmes règles que les employés mensualisés.
Un autre aspect souvent mal compris : travailler un jour férié ne garantit pas automatiquement une majoration de salaire. *« La loi ne prévoit pas de majoration pour les jours fériés ordinaires »*, soulignent les experts en droit du travail. Dans la majorité des cas, une rémunération supplémentaire n’existe que si la convention collective ou un accord d’entreprise le stipule.
Une année 2026 favorable aux ponts
Le calendrier 2026 est susceptible de raviver l’intérêt pour ces règles, avec plusieurs jours fériés tombant à des périodes particulièrement propices.
Au printemps, plusieurs jours fériés seront très rapprochés : le lundi de Pâques début avril, suivi d’une série de jours en mai avec la fête du Travail, la commémoration du 8 mai, l’Ascension et le lundi de Pentecôte.
Cette configuration permet ainsi de planifier facilement des ponts ou de courtes escapades. Par exemple, l’Ascension tombe un jeudi, ce qui ouvre la possibilité d’un long week-end de quatre jours si le vendredi est accordé par l’employeur.
Pour les employés bénéficiant de congés ou d’accords internes favorables, ces périodes peuvent devenir de véritables opportunités de mini-vacances.
Cependant, dans certaines entreprises, ces jours peuvent rester travaillés ou entraîner des déductions de salaire pour les employés ne remplissant pas les conditions légales.
Des règles encore méconnues
Chaque année, la question des jours fériés soulève de nombreuses interrogations chez les employés. Entre maintien de salaire, récupération d’heures et éventuelles majorations, les règles peuvent varier d’une entreprise à l’autre.
Cependant, un point reste clair dans la législation : les heures de travail perdues en raison d’un jour férié chômé ne peuvent être rattrapées ultérieurement par l’employeur.
En d’autres termes, lorsque la fermeture d’une entreprise est causée par un jour férié, les employés concernés ne doivent pas compenser ces heures dans les jours qui suivent.
En définitive, derrière l’image des ponts et des week-ends prolongés, les jours fériés représentent une question fortement influencée par les statuts professionnels et les conventions collectives. Une réalité qui explique pourquoi, pour certains travailleurs, ces périodes de pause peuvent aussi engendrer une diminution de leur rémunération.