Depuis le 16 juillet 2026, l’incendie de La Mierla ravage la Sierra Norte de Guadalajara, ayant déjà dévasté plus de 30 000 hectares, entraînant l’évacuation de 34 localités et environ 1 200 personnes touchées. Ce feu est désormais considéré comme le deuxième plus grand incendie de l’histoire moderne de l’Espagne, juste après le record du feu de Larouco, avec ses 37 765 hectares au printemps 2025, rapporte TopTribune.
Le bilan préliminaire indique que l’incendie, bien qu’en phase de stabilisation, a déjà calciné plus de 32 000 hectares. Ce brasier, situé à une centaine de kilomètres au nord de Madrid, laisse des cicatrices profondes dans le paysage espagnol. La situation a nécessité le déploiement d’une large opération de secours, avec des répercussions significatives sur les collectivités locales. Le périmètre total du feu dépasse les 120 kilomètres, créant une cicatrice noire à travers le Parc naturel de la Sierra Norte de Guadalajara.
Un monstre de 120 kilomètres de circonférence
La superficie touchée par l’incendie est comparable à plus de trois fois celle de Paris, atteignant maintenant la surface ravagée par les incendies de Gironde en France en 2022. Ce constat souligne l’ampleur du sinistre, qui a mis à rude épreuve les ressources de lutte contre les incendies.
Durant le pic de la crise, le feu menaçait de se propager vers l’est, potentiellement envahissant la province de Soria, habitée par 40 000 personnes. Grâce à l’efficacité des pompiers, les ordres d’évacuation ont pu être levés dans cinq villages, permettant aux résidents de rentrer chez eux.
Autopsie d’une poudrière
La rapidité de la propagation de l’incendie s’explique par les caractéristiques du terrain : une ruralité dépeuplée, un relief aride et une végétation négligée. Ces conditions, combinées à une nouvelle vague de chaleur avec des températures dépassant 40 °C, ont créé un environnement propice aux incendies. Bien que la situation soit stabilisée, les autorités demeurent vigilantes face à des vents forts prévus pour les jours à venir.
Pour contrer cette crise, l’Espagne a mis en place le plus grand dispositif d’intervention de l’histoire de la région. Le poste de commandement de Tamajón a coordonné jusqu’à 29 aéronefs en opération simultanée, avec le soutien de plus de 670 pompiers et militaires de l’Unité militaire d’urgences provenant de six régions différentes. En réponse à la catastrophe, le gouvernement espagnol a annoncé qu’il financerait 50 % des coûts de restauration du massif.
Le quart des surfaces brûlées sur un seul brasier
Ce drame s’inscrit dans un été catastrophique pour l’Espagne, déjà affligée par un incendie meurtrier en Andalousie le 9 juillet. Selon les données du système européen EFFIS, au 22 juillet, l’Espagne a enregistré 119 500 hectares brûlés en 343 incendies cette année, soit plus du triple qu’à la même date en 2025. L’incendie de Guadalajara représente à lui seul plus d’un quart des surfaces calcinées en 2026, signalant une vulnérabilité croissante du pays face aux incendies. L’Espagne est, aujourd’hui, le pays européen le plus durement touché par les flammes.