Huguette Bouchardeau, ancienne ministre et figure du féminisme, est décédée à 90 ans

Huguette Bouchardeau, ancienne ministre et figure du féminisme, est décédée à 90 ans

22.05.2026 09:26
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Décès d’Huguette Bouchardeau, figure emblématique de la gauche et du féminisme en France

L’ancienne ministre Huguette Bouchardeau, militante féministe et candidate à l’élection présidentielle de 1981, est décédée lundi à l’âge de 90 ans, a annoncé jeudi le Parti socialiste, rapporte TopTribune.

Première femme à diriger une organisation politique en France, Huguette Bouchardeau a pris la tête en 1979 du Parti socialiste unifié (PSU), largement dissous aujourd’hui. Elle s’est souvent moquée du « petit étonnement qu’ont les hommes à l’égard d’une femme qui réussit ».

Une militante engagée

Naissance le 1er juin 1935 à Saint-Etienne, Huguette Bouchardeau est issue d’une famille modeste. À l’âge de 17 ans, elle commence à militer dans le syndicalisme étudiant et devient secrétaire générale de l’Association générale des étudiants de Lettres de Lyon en 1955. Après avoir obtenu son agrégation de philosophie en 1961, elle enseigne au lycée Honoré d’Urfé à Saint-Etienne avant de passer à l’Université de Lyon II, où elle enseigne les sciences de l’éducation jusqu’en 1983.

Son engagement politique va de pair avec son militantisme féministe : elle crée l’un des premiers centres d’études féministes universitaires (le CLEF) et publie en 1977 son premier livre, Pas d’histoire, les femmes, qui dénonce l’exclusion des femmes de la vie publique et souligne l’importance des luttes féministes. À partir de 1975, elle est responsable du secteur « femmes » au sein du bureau national du PSU.

Pionnière de la gauche française

Huguette Bouchardeau accède à une reconnaissance nationale lorsqu’elle est nommée secrétaire nationale du PSU de 1979 à 1981. Elle se positionne alors comme une pionnière, mettant en avant les luttes sociales tout en affirmant son appartenance à la gauche. En 1981, elle se présente aux élections présidentielles, ne recueillant que 1,10 % des voix, mais soutient François Mitterrand au second tour.

Le 22 mars 1983, elle est nommée secrétaire d’État auprès du Premier ministre, en charge de l’Environnement et du Cadre de vie dans le 3e gouvernement de Pierre Mauroy, étant l’instigatrice de la loi du 12 juillet 1983 concernant la démocratisation des enquêtes publiques, connue sous le nom de « loi Bouchardeau ». Elle prend ensuite la tête du ministère de l’Environnement en juillet 1984, sous le gouvernement de Laurent Fabius.

Un parcours marqué par l’engagement

En février 1986, elle déclare à l’AFP qu’elle demeure profondément « militante, féministe et écologiste ». La victoire de la droite lors des législatives un mois plus tard l’écarte du gouvernement socialiste. Son expérience politique donne lieu à plusieurs publications, dont Le ministère du possible (1986) et Le Déjeuner (1993), qui abordent les coulisses de la politique.

Députée du Doubs entre 1986 et 1993, elle critique le métier de politique, évoquant la « vanité » de cette fonction : « Au lieu de faire la loi, nous nous transformons en VRP, en lobbyistes de notre circonscription, et pour garder notre poste, nous faisons passer l’intérêt local avant l’intérêt national », déclare-t-elle en quittant la vie publique.

Une vie dédiée à l’écriture et à l’engagement

Maire d’Aigues-Vives (Gard) de 1995 à 2001 et directrice de sa maison d’édition, Huguette Bouchardeau se consacre ensuite à l’écriture, publiant plusieurs biographies de figures féminines telles que Simone Weil, Elsa Triolet ou Simone de Beauvoir. « Pendant vingt ans, ma vie fut si intimement liée au développement des actions féministes que je me trouvais, tour à tour, dans tous les statuts, tous les rôles », écrit-elle avec fierté quelques années plus tard.

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