Gilles Giovannangeli élu président du conseil exécutif de Corse après une carrière politique controversée

Gilles Giovannangeli élu président du conseil exécutif de Corse après une carrière politique controversée

04.05.2026 17:07
2 min de lecture

Le conseil régional de Corse a une nouvelle direction. Gilles Giovannangeli, président de l’Agence du développement économique de la Corse (ADEC) et ancien « prisonnier politique » du FLNC, a été élu lundi président du conseil exécutif de Corse, succédant à Gilles Simeoni, qui reste membre du conseil en charge de l’autonomie, rapporte TopTribune.

Ce choix ne surprend guère. Gilles Giovannangeli a été choisi par 34 voix sur 63 lors d’une session extraordinaire de l’assemblée de Corse, face à Jean-Martin Mondoloni, président du groupe d’opposition Un Soffiu Noviu, qui a obtenu seulement 15 voix. On a également noté 13 bulletins blancs ou nuls.

Un changement significatif au sein du conseil régional

Ce changement de présidence, intervenu en cours de mandature, est une première depuis 1992. Gilles Simeoni, ancien maire de Bastia, avait annoncé qu’il démissionnerait de son poste de président. « Si cette liste est élue, je resterai membre du Conseil exécutif et j’aurai en charge la question de l’autonomie et le suivi du processus devant le Parlement », a-t-il déclaré à l’AFP.

Gilles Giovannangeli, qui est resté discret tout au long de sa carrière politique, a été maire de Lecci de 2001 à 2014 et a été élu conseiller territorial en 2021 sur la liste autonomiste de Gilles Simeoni. Avant sa présidence à l’ADEC, en 2025, il a dirigé l’Office d’équipement hydraulique de l’île et était directeur régional de BGE, un réseau visant à soutenir les entrepreneurs.

Passe condamné et perspectives d’avenir

Gilles Simeoni, en annonçant sa démission fin avril, a exprimé sa fierté de voir un ancien prisonnier politique comme Gilles Giovannangeli prendre les rênes du conseil exécutif. À seulement 19 ans, Giovannangeli avait été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour sa participation à un attentat revendiqué par le FLNC visant une banque.

Lors de son discours d’intronisation, il a rendu hommage à sa sœur, Marie-France Giovannangeli, militante antimafia, et salué le travail de la mandature sortante. Il a identifié trois « grands chantiers » pour son mandat de deux ans : un plan de rénovation des établissements scolaires, l’amélioration des infrastructures routières et des projets de logement.

Il a réaffirmé l’importance des « fondamentaux du nationalisme », passant en revue des enjeux tels que la reconnaissance du peuple corse, le statut de résident qu’il entend « renforcer », et la coofficialité de la langue corse. Ces principes, selon lui, demeurent « notre boussole pour construire notre pays et l’autonomie ».

La nouvelle composition du conseil exécutif comprend l’ancienne équipe avec Gilles Simeoni et Jean-Félix Acquaviva, ex-député confronté à des accusations de corruption sexuelle. Le procureur de Bastia a ouvert une enquête pour « corruption passive, trafic d’influence et prise illégale d’intérêt” suite à ces allégations.

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