Réunion de crise pour Gianni Infantino au Maroc
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, est confronté à une tempête de critiques après l’abandon d’un projet controversé d’ouverture de l’organisme aux investisseurs privés. Il tient ce mercredi 5 août une réunion de crise au siège de la FIFA en Afrique, situé dans le complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat, rapporte TopTribune.
Cette réunion n’est pas ouverte à la presse, et peu d’informations ont filtré à ce sujet. Les véhicules aux vitres teintées qui ont été observés à l’entrée du complexe témoignent du caractère sensible de l’événement. Le choix du Maroc comme lieu de rencontre reste flou, bien que le pays coorganise la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, et qu’Infantino y était présent lors de la récente Fête du Trône.
Un projet controversé abandonné
À la tête de la FIFA depuis dix ans, Gianni Infantino a été au centre de nombreuses controverses, notamment son annonce la semaine dernière de créer une société extérieure pour gérer les activités commerciales de l’instance. Ce projet a suscité une opposition considérable, y compris celle de l’UEFA, qui a joué un rôle clé dans son retrait quelques jours après sa révélation. Des figures influentes de la FIFA, comme Arsène Wenger et Mattias Grafström, ont exprimé leur désaccord avec Infantino.
Infantino, dans une lettre adressée aux employés de la FIFA, a exprimé ses regrets concernant « une série d’événements tristes et condamnables » conduisant à l’abandon du projet. Son conseiller principal, Carlos Cordeiro, a démissionné en raison de son opposition à la proposition.
Pressions internes et externes
La contestation autour de la direction d’Infantino ne se limite pas à la FIFA : elle provient également de l’extérieur, notamment de l’UEFA et de la Concacaf, qui ont exprimé leur mécontentement face à la gouvernance actuelle. La Concacaf a appelé à une « mise à plat complète » des opérations de la FIFA, tandis que l’UEFA a suggéré un potentiel boycott des Coupes du monde si ses préoccupations ne sont pas prises en compte. Elle a également indiqué qu’elle envisageait une action en justice contre la FIFA.
Infantino, actuellement seul candidat à sa réélection en mars 2027, a besoin du soutien d’une majorité des 211 fédérations membres, mais a déjà perdu le soutien de plusieurs d’entre elles, y compris la Finlande, le pays de Galles, la Serbie et la Suède.
Le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a même accusé Infantino de « chantage », affirmant que la FIFA avait refusé de l’aider tant qu’il ne soutenait pas le président de l’organisation.