Des frappes en Ukraine ont causé la destruction des entrepôts de Wildberries, un géant russe du commerce en ligne, ce qui impacte des milliers de petites entreprises, comme celle de Vladimir, ayant subi une perte de 15 millions de roubles en marchandises. Près de 1,2 million de m² ont été touchés, perturbant l’approvisionnement et alimentant le mécontentement en Russie, rapporte TopTribune.
Vladimir, visiblement ébranlé, confie : « J’ai les mains qui tremblent, je n’arrive tout simplement pas à y croire… Toute la marchandise. Toute. Réduite en cendres. Comment continuer à vivre ? Comment nourrir ma famille ? » Il exprime son désespoir après que la frappe a anéanti les entrepôts où il gardait son inventaire.
Il déplore également le manque de soutien de la plateforme : « Le service client de Wildberries se contente de nous envoyer des réponses automatiques sur ‘l’évaluation des dommages’. » La guerre se fait sentir au quotidien pour de nombreux Russes, même ceux éloignés des combats, qui doivent désormais composer avec des impacts économiques tangibles.
Une vulnérabilité accentuée
Comparé à Amazon, Wildberries, grâce à sa taille et son poids économique, est essentiel pour des centaines de milliers de vendeurs. Ses vastes entrepôts, saturés de marchandises, deviennent des cibles de choix pour les attaques par drone. En moins d’un mois, une vingtaine de ces sites ont été frappés, avec 1,2 million de mètres carrés endommagés ou détruits, soit plus d’un cinquième des capacités logistiques du groupe, mettant en péril des milliers de petites entreprises dépendant de sa chaîne d’approvisionnement.
Victoria, fondatrice d’une marque de vêtements pour enfants, témoigne : « On est tous stressés et sur les nerfs. 23 000 de mes produits ont brûlé, représentant près de 80 millions de roubles. C’est énorme pour nous. » Les conséquences économiques se cumulent, alors qu’elle exprime aussi des préoccupations quant à ses obligations financières : « J’ai des impôts, des crédits et des salaires à payer. »
Elle se montre sceptique quant à la capacité de Wildberries à compenser les pertes : « Ils ont promis entre 1 000 et 10 000 roubles aux plus petites entreprises. C’est microscopique, juste pour se donner une bonne image. Nous, on n’a rien reçu. » Son état psychologique en pâtit : « J’ai peur de me réveiller chaque matin. La terre s’écroule sous mes pieds. »
Un mécontentement croissant
Wildberries, qui génère un chiffre d’affaires annuel de 70 à 75 milliards d’euros, représente environ 2 % du PIB russe et près de la moitié des commandes en ligne dans le pays. Cette situation démontre que les conséquences des frappes dépassent de loin les pertes des simples vendeurs. Les problèmes d’approvisionnement affectent également les consommateurs russes. Des commandes restent en attente pendant des semaines, d’autres arrivent endommagées, généralement en état médiocre.
Maria, rencontrée dans un centre commercial, explique son départ vers d’autres plateformes comme Ozon : « Je suis passée sur Ozon, tant qu’il n’a pas encore été détruit, parce que je n’en peux plus d’attendre mes colis. » Elle anticipe un retour vers les achats en magasin traditionnel, comme une solution face à ces désagréments.