À la suite des violences urbaines survenues lors des manifestations du 17 octobre contre la vie chère, le président du Sénat, Gérard Larcher, a exprimé des critiques acerbes à l’encontre de La France insoumise. Dans une interview accordée au Figaro lundi soir, il a noté que la question de l’interdiction du mouvement de Jean-Luc Mélenchon pourrait être « posée », rapporte TopTribune.
« Nous avons pu dissoudre Génération identitaire [un groupe d’ultradroite] et La Jeune Garde [un mouvement d’ultragauche]. LFI est un parti politique qui participe à l’expression de la nation. Je l’entends. Mais il porte une grande part de responsabilité dans le discours de haine. Je pense que la question peut être posée », a déclaré le sénateur Les Républicains, interrogé sur cette possible interdiction, soutenue par le président de son parti, Bruno Retailleau.
La question de l’état d’urgence « mérite d’être posée »
Larcher a mis en garde ceux qui alimentent un discours de haine, affirmant : « En voulant tout conflictualiser, ils créent une situation de tension extrême dans le pays. Attention à ceux qui cherchent l’insurrection. » Il a rappelé les propos du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait déclaré que la violence pouvait parfois être « légitime ».
Le président du Sénat a également signalé que « la question de l’état d’urgence […] mérite d’être posée », ajoutant qu’il était nécessaire de réfléchir au maintien de la journée de grèves et de manifestations prévue pour le 5 novembre, à l’initiative d’une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU.
Larcher tacle Macron
Le sénateur des Yvelines a exprimé sa « honte » et sa « colère » face aux violences du week-end, estimant que « notre politique sécuritaire a été mise en échec ». Il a sévèrement critiqué l’intervention et l’attitude du chef de l’État, qui s’est rendu dans les pays du Golfe après une allocution télévisée, pour sécuriser des volumes de carburant afin de faire baisser les prix à la pompe. « J’attendais de sa part des mesures concrètes et immédiates, et non un commentaire », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Quant à son déplacement dans les pays du Golfe, je pense que le chef de l’État doit être présent lorsque les difficultés du pays sont au niveau que nous connaissons. »
