Vladimir Poutine propose un sommet trilatéral avec Trump et Xi pour discuter de l'Ukraine

Vladimir Poutine propose un sommet trilatéral avec Trump et Xi pour discuter de l’Ukraine

20.10.2026 06:56
2 min de lecture

Depuis plusieurs semaines, l’Ukraine subit une pression accrue avec l’intensification des bombardements russes et les critiques acerbes de Donald Trump envers Volodymyr Zelensky. Une séquence favorable au Kremlin que Vladimir Poutine voudrait bonifier avec une rencontre trilatérale avec son homologue américain et Xi Jinping, dans un mois en Chine, pour discuter de la fin du conflit, rapporte TopTribune.

La pression sur l’Ukraine atteint un niveau maximal. Les bombardements russes se multiplient sans relâche, tandis que Donald Trump critique verbalement Volodymyr Zelensky depuis dix jours, suite à l’accord annoncé entre Washington et Moscou concernant le diesel russe.

Dans un message publié sur Truth Social le dimanche 18 octobre, Trump a déclaré : « Il ne veut pas mettre fin à cette guerre et n’a probablement jamais voulu ». Ces propos résonnent favorablement au Kremlin, qui a déjà salué la décision du président américain d’exempter la Russie de sanctions majeures, décidées par le Congrès. Kirill Dmitriev, conseiller de Poutine pour la coopération économique à l’international, a qualifié cette décision de « moment important et véritablement historique ».

« La tectonique des plaques est en train de bouger »

Ces signaux sont jugés positifs pour le Kremlin, même si la situation militaire reste complexe. Kiev a annoncé avoir récupéré 277 km² dans la région de Donetsk depuis la fin de l’été. Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France à Moscou, estime que « la tectonique des plaques est en train de bouger sur le front diplomatique », ajoutant que le contexte s’avère très défavorable à Kiev. Il pense que Trump considère que les Ukrainiens sont en train de perdre et que le moment est venu d’imposer une paix à l’Ukraine.

Quant à Pierre Lévy, également ancien ambassadeur à Moscou, il préfère évoquer une « accélération » de la situation diplomatique, tout en critiquant l’accord sur le diesel comme un « jeu de bonneteau honteux ». Selon lui, l’administration américaine a succombé à un piège de la Russie qui a « fait miroiter des perspectives économiques faramineuses ».

Cette dynamique fait ombrage aux défis de la guerre que Moscou a déclenchée en février 2022. Les déclarations de Trump soulignent qu’il serait plus facile de négocier avec Poutine, malgré son intransigeance, qu’avec Zelensky. Jean de Gliniasty souligne la difficile position de Zelensky, héros national, qui doit naviguer des négociations qui impliqueraient des compromis territoriaux.

Un nouveau Yalta ?

Selon le Wall Street Journal, Poutine aspire à une rencontre trilatérale avec Trump et Xi Jinping les 18 et 19 novembre à Shenzhen, lors du sommet de l’Apec, pour envisager une résolution du conflit ukrainien. Pierre Lévy note que cette approche est une constante de la diplomatie russe, visant à exclure l’Ukraine et les Européens des discussions.

Les deux anciens ambassadeurs s’accordent à dire que Poutine se considère en position de force pour assurer la victoire. Jean de Gliniasty observe que « les Russes se préparent à une victoire, en misant sur la destruction totale des infrastructures ukrainiennes ». Pierre Lévy ajoute que Poutine pense qu’à l’approche de l’hiver, c’est le moment d’affaiblir l’Ukraine pour conclure l’année prochaine. Cependant, il souligne que le destin de l’Ukraine est encore incertain, tout en soulignant la responsabilité historique des Européens.

Selon lui, la vraie victoire est politique, et sur ce terrain, Moscou a déjà perdu beaucoup, notamment sa relation avec l’Union européenne et l’élargissement de l’OTAN à ses frontières, tout en notant que l’identité ukrainienne est plus forte que jamais.

Pierre Lévy, Au cœur de la Russie en guerre (Éditions Tallandier)

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