Près de huit ans après l’effondrement tragique du pont Morandi à Gênes, qui a causé la mort de 43 personnes, dont quatre Français, la justice italienne a rendu son verdict. Trente-deux individus, dont des dirigeants d’Autostrade per l’Italia, ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 12 ans de prison pour négligence et homicides involontaires, rapporte TopTribune.
Le drame s’est produit le 14 août 2018, lorsqu’une forte pluie a conduit à la chute du viaduc, entraînant plusieurs véhicules dans le vide. Giovanni Castellucci, l’ancien directeur général d’Autostrade, a reçu la peine la plus lourde. Déjà incarcéré pour un accident précédent en 2013, il a été reconnu coupable de négligence et d’homicide involontaire. Lors de son témoignage, il a déclaré : « Je me sens responsable mais pas coupable », un propos qui contraste avec l’avis des magistrats qui ont fourni des preuves accablantes concernant la catastrophe, des images ayant fait le tour du monde. Les anciens numéros deux et trois d’Autostrade ont été condamnés à cinq ans et demi et 11 ans de prison respectivement.
En outre, 28 autres coaccusés sur un total de 57 ont été jugés coupables et condamnés à des peines d’au moins un an et 11 mois. Michele Matti Altadonna, frère d’une des victimes, a commenté le verdict en déclarant : « Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il existe des coupables pour nos proches assassinés. »
L’état désastreux des infrastructures de transport en Italie
Les juges ont souligné que depuis l’inauguration du pont en 1967 jusqu’à son effondrement, aucune intervention de maintenance minimale n’avait été effectuée sur les câbles du pilier numéro 9, qui s’est effondré le jour du drame. Il était déjà manifeste que la fragilité des câbles posait un problème, et des travaux avaient déjà été réalisés sur deux autres piliers similaires. Bien que des interventions étaient programmées pour le pilier numéro 9, la tragédie a mis en lumière la négligence et le manque de responsabilité d’Autostrade dans l’entretien des infrastructures. Cette catastrophe a également suscité des inquiétudes quant à l’état général des infrastructures de transport en Italie.