Avec la forte augmentation du prix du gaz prévue pour le 1er novembre, de nombreux ménages se demandent s’il est temps de se tourner vers le chauffage électrique. Cependant, bien que l’écart se réduise, le gaz demeure encore le mode de chauffage le plus économique. Néanmoins, cette position avantageuse est de plus en plus précaire, rapporte TopTribune.
Alors que les températures commencent à chuter, la hausse signalée pourrait inciter certains à reconsidérer leurs choix en matière de chauffage. Au 1er novembre, le prix du gaz va augmenter de 6,6 % TTC, avec une hausse de 8,3 % pour la part variable liée au chauffage. Cela portera le prix du kilowattheure à 0,15760 euro TTC. En comparaison, le tarif réglementé de l’électricité s’établit à 0,2001 euro le kilowattheure pour un compteur de 6 kVA.
« Le gaz est encore moins cher que l’électricité, mais cette différence a considérablement diminué avec l’augmentation des prix », explique Maxime de La Raudière, Directeur Général Délégué du comparateur Sélectra. Actuellement, le gaz conserve un avantage de 21 %, un écart bien moindre qu’auparavant. « Avant la crise énergétique, le gaz pouvait coûter jusqu’à deux fois moins cher que l’électricité », rappelle-t-il.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) prévoit que cette augmentation du tarif du gaz ajoutera environ 12 euros à la facture des clients pour le mois de novembre, entraînant une hausse d’environ 135 euros sur l’année 2026, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2025. Environ 40 % des consommateurs ayant un prix fixe ne seront toutefois pas affectés par cette hausse immédiate. Pour un foyer consommant 11 200 kWh, l’écart annuel pourrait atteindre 282 à 288 euros.
Les options de chauffage : un calcul complexe
La comparaison entre le prix des kilowattheures présente certaines limites. Bien que les radiateurs électriques traditionnels soient encore plus coûteux, une pompe à chaleur pourrait offrir une solution plus économique, en produisant entre 3 et 4 kWh de chaleur pour chaque kWh d’électricité consommé. Toutefois, remplacer une chaudière fonctionnelle par une pompe à chaleur nécessite un investissement significatif et des travaux. « C’est une opération qui reste coûteuse, » confirme Maxime de La Raudière.
Ainsi, l’augmentation du prix du gaz ne justifie pas nécessairement une transition précipitée vers d’autres sources de chauffage.
Des perspectives sur les prix de l’électricité
Pour que l’électricité devienne véritablement moins chère que le gaz, plusieurs conditions doivent être remplies, notamment une production abondante d’électricité en France, une fiscalité favorable, et des évolutions sur le marché européen. Les deux énergies restent interconnectées ; ainsi, lorsque le prix du gaz augmente sur les marchés européens, il entraîne également une hausse des prix de l’électricité, surtout lorsque des centrales à gaz sont sollicitées pour répondre à la demande.
« À court terme, les prix du gaz et de l’électricité restent trop liés pour envisager un véritable décrochage, » conclut Maxime de La Raudière.
