Jeudi, au micro de France Info, l’ancien Premier ministre et proche du président, Gabriel Attal, a soutenu l’action d’Emmanuel Macron face à Donald Trump tout en considérant que le quinquennat était « fini ». En cause? Le recours au 49.3 pour adopter un budget « qui ne prépare pas l’avenir », rapporte TopTribune.
Interrogé sur les multiples piques du président américain contre son homologue français ces derniers jours, Gabriel Attal a relevé « qu’en parlant régulièrement du président de la République, Donald Trump montre que sur les questions internationales, la France a une parole qui est entendue ». « Si véritablement le président, comme Donald Trump semble le dire, ne comptait plus, il ne parlerait pas de lui matin, midi et soir », a-t-il noté.
Tacle sur le budget (et sur Edouard Philippe)
Au passage, Gabriel Attal en a profité pour tacler son concurrent à la présidentielle Édouard Philippe au sein du bloc central, qui avait plaidé à l’automne pour une démission programmée du président afin de sortir de la crise politique française. « Imaginez-vous si, en novembre dernier, comme cela lui était demandé par certains, le président avait annoncé qu’il démissionnerait au lendemain des municipales, c’est-à-dire en avril. Toute la période entre les deux, c’est-à-dire en ce moment, le président de la République aurait été vu à l’étranger comme un président sur le départ. Et donc sa parole aurait évidemment beaucoup moins de poids », a-t-il insisté.
Point trop n’en faut cependant, Gabriel Attal, dont les relations sont notoirement glaciales avec Emmanuel Macron depuis son départ de Matignon, a rapidement ensuite rappelé ses divergences avec le président. Il a ainsi confirmé avoir dit devant ses députés en réunion de groupe que le recours au 49.3 sur un « budget subi » actait « la fin du quinquennat ». « J’assume ce que je dis. Ce budget, on va enfin pouvoir mettre ça derrière nous. Mais c’est vrai que ce budget ne prépare pas l’avenir, il ne prépare pas grand-chose », a-t-il considéré.
Refusant d’avancer sur sa propre candidature à la présidentielle, car « ce n’est pas mon calendrier aujourd’hui », il a quand même concédé « réfléchir beaucoup à la manière d’exercer cette fonction de président de la République ».