Giorgia Meloni : une longévité au pouvoir qui interroge l’Italie
Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italien, a franchi le cap des 1413 jours à la tête du gouvernement, affichant ainsi une longévité rare dans l’histoire politique italienne. Bien que sa popularité reste soutenue autour de 40 %, son évolution vers une approche plus pragmatique a suscité des interrogations sur les raisons de son succès, rapporte TopTribune.
La dirigeante d’extrême droite a su se forger une place sur la scène internationale, développant des relations étroites avec d’autres chefs d’État, tandis que son interaction avec le président albanais a été particulièrement remarquée. Les jeunes militants, témoins de cette montée en puissance, expriment leur admiration : « Avant, en Europe, il y avait la France et l’Allemagne. Maintenant, il y a aussi l’Italie », indique l’un d’eux.
Sous son mandat, Meloni a modifié ses anciennes critiques envers Bruxelles, reconnaissant l’importance des financements européens. Son approche envers l’immigration a également évolué, malgré les échecs de ses projets, dont l’initiative des centres pour migrants en Albanie. Elle a toutefois souligné sa volonté de ne pas transformer l’Italie en « camp de réfugiés », entraînant une baisse de 58 % des entrées illégales grâce à des accords avec la Libye et la Tunisie.
Les données soulignent une augmentation notable des régularisations de travailleurs étrangers, avec près d’un million de permis de travail délivrés. Paul-Luc Monnier, envoyé spécial à Rome, souligne : « Sous Georgia Meloni, l’Italie n’a jamais autant régularisé de travailleurs étrangers ». Couplée à ces régularisations, l’économie italienne montre des signes d’amélioration, la présidente ayant affirmé : « Nous avons augmenté les salaires, baissé les taxes, soutenu l’emploi ».
Cependant, cette période d’optimisme économique s’accompagne de coupes dans certains crédits d’impôts, ainsi que de réductions des minima sociaux. Bien que les finances publiques aient montré des signes d’amélioration, le déclin de la situation financière de certains Italiens provoque des inquiétudes. Un commerce social compte une centaine de nouveaux inscrits en seulement trois mois, alors que de nombreuses familles peinent à joindre les deux bouts.
Avec un cadre salarial bas et l’absence de SMIC, de nombreux Italiens, comme cette mère de famille avec deux enfants, témoignent de la précarité : « Les choses n’ont pas changé, elles ont juste empiré. Avec mon mari, on a seulement 1 000 euros de revenus. Il faut payer le crédit, les factures, la voiture. On n’y arrive tout simplement pas ».
Malgré ces défis, Meloni maintient sa position en tête des sondages, alors que des élections sont prévues dans l’année à venir. La question de sa longévité et de sa stratégie politique continuera d’alimenter les débats dans un pays en pleine mutation.
