France et Algérie : retour à des relations apaisées après deux ans de tensions diplomatiques

France et Algérie : retour à des relations apaisées après deux ans de tensions diplomatiques

09.05.2026 13:17
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Rapprochement franco-algérien : visite d’Alice Rufo à Sétif et retour de l’ambassadeur

Le 8 mai 2026, à Sétif, en Algérie, la ministre déléguée aux Armées française, Alice Rufo, et son homologue algérien, Abdelmalek Tachrift, ont participé à une cérémonie marquant la mémoire des événements tragiques du 8 mai 1945. Cette visite symbolique vient souligner le réchauffement des relations entre les deux pays, alors que l’Elysée met l’accent sur la priorité accordée à la libération de Christophe Gleizes, un journaliste français incarcéré en Algérie, rapporte TopTribune.

Lors de cette commémoration, Rufo et Tachrift ont déposé des gerbes devant la stèle de Bouzid Saâl, associée aux manifestations anticoloniales, réprimées par l’armée française. Ce choix de date et de lieu n’est pas anodin. Sétif, ainsi que d’autres villes comme Guelma et Kherrata, représente l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire franco-algérienne. Les autorités algériennes évoquent un bilan de 45 000 victimes, tandis que les estimations françaises varient fortement, allant de 1 500 à 20 000, ce qui atteste des divergences sur cette période historique. « Il faut regarder l’histoire telle qu’elle a été, dans sa vérité, et (…) dans le respect de toutes les mémoires de l’Algérie et de la guerre d’Algérie », a déclaré Alice Rufo à l’AFP après la cérémonie.

Cette séquence vise également à apaiser les tensions récemment ravivées entre Paris et Alger. Dans un communiqué, l’Elysée a déclaré que « la lucidité avec laquelle la France regarde l’histoire doit aujourd’hui permettre de nouer des relations confiantes et prometteuses pour l’avenir ». En parallèle, le retour d’un envoyé français clé, l’ambassadeur Stéphane Romatet, précédemment rappelé à Paris lors des tensions majeures d’avril 2025, souligne cet effort de rapprochement.

Ce dégel se produit dans un contexte de tensions persistantes héritées d’une crise diplomatique qui s’est intensifiée à l’été 2024, consécutivement au soutien de la France au plan marocain concernant le Sahara occidental, perçu comme une rupture de l’équilibre sur ce dossier sensible. Ce conflit oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Des incidents récents, tels que l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et l’incarcération du journaliste Christophe Gleizes, ont exacerbé les relations. Gleizes, arrêté en mai 2024 pour apologie du terrorisme, a été condamné à sept ans de prison, un dossier qui continue de susciter des tensions entre les deux pays. Ainsi, l’Elysée a fait savoir qu’il « porte une attention prioritaire » à cette affaire. La famille de Gleizes a récemment retiré son pourvoi en cassation, indiquant un possible espoir de grâce présidentielle, un acte qui pourrait constituer un nouveau signe d’apaisement.

La prochaine période sera cruciale pour observer si ces gestes d’ouverture pourront se traduire par une normalisation durable des relations franco-algériennes, encore empreintes de l’héritage colonial et des déséquilibres historiques.

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