La poussière retombe après un duel fratricide à Nice dans les Alpes-Maritimes. Au terme d’une campagne marquée par des tensions, Éric Ciotti, député UDR allié au RN, a remporté les élections municipales avec 48,54 % des voix, devançant le maire sortant Christian Estrosi (37,20 %) et la candidate PS-PCF-écologistes Juliette Chesnel-Le Roux (14,26 %), rapporte TopTribune.
L’ancien président des LR prend le contrôle de Nice et de son agglomération, renforcé par de bons résultats de ses alliés à Cagnes-sur-Mer, Menton et Vence. Christian Estrosi a annoncé son retrait de la vie politique locale, déclarant : « J’ai tout donné de moi ».
Baisse de la taxe foncière et sécurité
Éric Ciotti a mis l’accent sur une gestion « rigoureuse et responsable » des finances publiques, dénonçant les « dérives » financières de son prédécesseur. Il a critiqué la hausse de la taxe foncière adoptée en 2024, s’engageant à la réduire de 20 %. Son équipe prévoit de tenir cette promesse dès le mois d’avril grâce à un budget rectificatif, selon des sources d’Ici Azur. Ciotti a également promis que « la voiture ne sera plus notre ennemie », avec des propositions pour augmenter le stationnement et offrir deux heures de stationnement gratuites.
Une autre priorité affichée est le renforcement de la sécurité, avec un engagement à « doubler le nombre d’effectifs de la police municipale sur le terrain », et la construction d’un centre éducatif fermé pour mineurs délinquants. Éric Ciotti a déclaré qu’un « maire digne de ce nom doit exiger et soutenir des compétences » qui ne relèvent pas de la municipalité, tout en critiquant les blocages observés par le passé.
« Nice n’appartient à personne »
Habituellement incisif à l’Assemblée, fustigeant l’« idéologie wokiste » et l’immigration, Ciotti a évité d’aborder les thèmes nationaux lors de sa campagne. Sa liste incluait des candidats du Rassemblement national, qui sont restés discrets, mais il a également bénéficié du soutien de figures diverses, comme Jean-Marc Governatori, chef de file d’Ecologie au centre, qui a rejoint sa liste récemment.
Concernant les enjeux locaux, Ciotti a annoncé plusieurs initiatives : augmentations des places en crèches, écoles climatisées, développement de la médecine de ville, et rénovation de l’Opéra. Il a appelé à un « nouvel élan » pour Nice, déplorant que la ville soit devenue « une vitrine touristique ». Dans cette ville de 355.000 habitants, plus d’un sur cinq vivent sous le seuil de pauvreté. Après sa victoire, Ciotti a souligné : « Je sentais ce désir de changement depuis des années, face à un système qui avait à bien des égards verrouillé la ville », ajoutant que « Nice n’appartient à personne, ni à un clan, ni à un système ».