Le quotidien « Midi libre » a révélé mardi un enregistrement réalisé par la caméra-piéton d’un policier, à son insu, lors d’une patrouille fin 2025. Des « propos racistes, misogynes, complotistes voire putschistes » y sont tenus. L’homme a aussi participé au service d’ordre lors d’événements du Rassemblement national, qui annonce l’exclure, rapporte TopTribune.
Des propos racistes, LGBTphobes et misogynes d’un policier municipal de Carcassonne (Aude), jusque-là membre du service de sécurité du Rassemblement national (RN), ont été révélés mardi 8 septembre par le quotidien régional Midi libre. Ces remarques, tenues lors d’une patrouille de police en novembre 2025, ont été enregistrées par la caméra-piéton de ce policier, sans qu’il s’en rende compte. La justice a ouvert une enquête à cet égard.
Des propos racistes enregistrés par la caméra-piéton du policier
Le 6 novembre 2025, un policier municipal de Carcassonne participe à une patrouille avec trois de ses collègues, relate Midi libre. Cet ancien militaire de 50 ans essaie en début de service sa caméra-piéton, un dispositif que les policiers et les gendarmes peuvent activer à leur discrétion. Cependant, alors qu’il pense l’avoir désactivée, la caméra continue d’enregistrer, capturant six heures d’échanges où des « propos racistes, misogynes, complotistes voire putschistes » sont proférés, notamment par le brigadier-chef.
On peut entendre des commentaires tels que « Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd’hui une voiture… » ou « J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… » Des propos dégradants à l’encontre des personnes non-Blanches, qui sont traitées de « singes », sont également tenus.
Les policiers défendent également les tortionnaires durant la guerre d’Algérie, tandis qu’un appel à « un coup d’Etat, une dictature en France » émerge. Le brigadier-chef évoque même un souhait que « les Russes viennent pour cinq-six ans » afin de « tuer les blédards » et « mettre au pilori Macron et tous les pédés ».
De plus, il mentionne des théories complotistes en affirmant que Brigitte Macron serait transgenre, précisant « On essaye de cacher ça au monde entier », tout en tenant des propos dégradants sur les femmes.
Le parquet a ouvert une enquête
Fin 2025, ces images circulent au sein du commissariat, menant le brigadier-chef à déposer une plainte pour « atteinte à la vie privée », entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Carcassonne. La mairie de Carcassonne a souligné que la caméra à l’origine des images avait été dérobée, soulevant des interrogations sur la manière dont ces vidéos ont été récupérées et diffusées.
La justice a confirmé s’être saisie du dossier, mais n’a pas précisé la date d’ouverture de l’enquête. La procureure de la République, Géraldine Labialle, n’a pas confirmé le dépôt de plainte par le policier.
Le RN l’exclut de son service d’ordre, la mairie promet des « sanctions »
Le brigadier-chef est également engagé avec le Rassemblement national. En février, il a participé au service d’ordre d’un déplacement à Carcassonne du président du parti d’extrême droite, Jordan Bardella. Suite à la publication de l’article de Midi libre, le RN a annoncé l’avoir exclu « du parti et de toutes ses fonctions bénévoles, notamment au sein du service d’ordre ».
Louis Aliot, maire RN de Perpignan, a déclaré : « On ne peut pas tolérer ça. Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé. » Il semble cependant que le brigadier-chef ne soit pas seul auteur de propos racistes dans l’enregistrement.
La mairie de Carcassonne a qualifié les propos du brigadier-chef de « inacceptables », promettant que « des procédures seront engagées et les sanctions seront à la hauteur de la gravité des faits », tout en notant que les images ont été captées « sous la précédente municipalité ».
Des réactions indignées au gouvernement et à gauche
Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, a qualifié les propos du policier d’« absolument inacceptables », soulignant qu’ils constituent un « délit ». La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a exprimé son indignation en appelant à des sanctions. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a également condamné la situation, mettant en garde contre les dangers de laisser le Rassemblement national aux commandes de la France.