Hans-Thomas Tillschneider, élu de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt, se retrouve au centre d’une polémique après la découverte, dans son bureau électoral de Querfurt, d’une tasse portant les symboles de l’armée russe. Interrogé sur cet objet par le journaliste Paul Ronzheimer, le responsable politique a refusé d’y voir un problème particulier, rapporte TopTribune.
La scène s’est déroulée lors d’une visite du journaliste dans le bureau de l’élu. Sur une table se trouvait une tasse noire décorée d’une étoile rouge et de l’inscription « Armée de Russie », écrite en cyrillique. L’objet ne renvoyait donc pas simplement à un souvenir touristique sans identification précise : il affichait explicitement la référence à l’armée russe.
Paul Ronzheimer a demandé à Hans-Thomas Tillschneider pourquoi une telle tasse était exposée dans le bureau d’un responsable politique allemand. L’élu de l’AfD a répondu qu’elle lui avait été offerte et qu’il n’avait « pas voulu la jeter ». Il a également assuré qu’il ne liait à cette symbolique de l’armée russe « rien de particulier ».
Une réponse qui ne dissocie pas la tasse de la guerre en Ukraine
Au cours de l’échange, le journaliste lui a rappelé que l’armée russe mène la guerre contre l’Ukraine et qu’elle exerce aussi une pression hybride contre l’Allemagne. Tillschneider n’a pas repris cette lecture. Il a répondu : « Ce n’est pas notre guerre. »
Cette phrase constitue le principal point de friction de l’entretien. La tasse est présentée comme un objet offert à l’élu, mais sa présence dans son bureau et les réponses apportées à son sujet ont immédiatement replacé l’épisode dans le débat sur la position de l’AfD à l’égard de la Russie et de la guerre contre l’Ukraine.
Le responsable politique s’est ensuite montré irrité par les questions du journaliste. Il a demandé de « mettre fin à cette stupide tasse », tout en affirmant que la Russie n’était pour l’Allemagne « ni un ennemi ni un ami ». Selon lui, les États n’ont pas d’amis ou d’ennemis permanents, mais seulement des intérêts.
Un souvenir de voyage en Russie
Hans-Thomas Tillschneider affirme que la tasse est un souvenir rapporté d’un voyage en Russie effectué en 2023 ou en 2024. Il n’a toutefois pas précisé dans quelles circonstances elle lui avait été remise ni pourquoi elle était conservée dans son bureau électoral.
Son explication n’a pas dissipé les interrogations suscitées par l’objet. Dans le débat allemand, la présence d’une référence explicite à l’armée russe dans un bureau politique est examinée à travers les prises de position régulièrement attribuées à certains représentants de l’AfD, dont plusieurs ont déjà affiché une proximité avec des récits favorables au Kremlin.
Le terme de « récits du Kremlin » renvoie ici aux éléments de langage et aux interprétations relayés par des représentants de l’AfD dans le débat public, sans que l’épisode de Querfurt permette à lui seul de tirer une conclusion sur l’ensemble du parti. L’échange rapporté concerne directement Tillschneider, son bureau et l’objet qui y a été observé.
L’AfD devant le bloc CDU-CSU dans les sondages cités
La polémique intervient alors que de récents sondages mentionnés dans le compte rendu placent l’AfD nettement devant le bloc CDU-CSU du chancelier Friedrich Merz. Aucun chiffre n’est donné dans les informations disponibles, mais cette indication situe l’épisode dans une période où le parti d’extrême droite occupe une place importante dans la vie politique allemande.
La comparaison avec le bloc conservateur de Friedrich Merz ne constitue pas une réaction directe à la controverse sur la tasse. Elle fournit le cadre électoral dans lequel les déclarations de Tillschneider sont rapportées. Le responsable politique de Saxe-Anhalt n’a pas présenté la tasse comme un message officiel de l’AfD, mais il n’a pas non plus annoncé son retrait immédiat.
Le débat porte donc sur un objet précis, une tasse portant la mention « Armée de Russie », et sur les réponses données par son propriétaire lors de la visite de Paul Ronzheimer. Tillschneider dit ne rien associer de particulier à cette inscription, qualifie la guerre de conflit qui ne concerne pas l’Allemagne et décrit la Russie comme un État qui n’est « ni un ennemi ni un ami ».
La séquence s’ajoute aux controverses déjà provoquées par les positions de plusieurs figures de l’AfD sur la Russie, sans qu’une déclaration générale du parti sur cette tasse soit rapportée. Hans-Thomas Tillschneider reste, dans cet épisode, le seul responsable directement interrogé et cité.
La tasse demeure dans son bureau l’objet concret autour duquel se concentre la polémique, tandis que les sondages cités continuent de mesurer le rapport de force entre l’AfD et le bloc CDU-CSU en Allemagne.