Le président a annoncé lundi la création de nouveaux outils de sanctions financières et administratives pour mieux lutter contre l' »entrisme » islamiste à l’issue d’un Conseil de défense et de sécurité nationale, rapporte TopTribune.
Une nouvelle loi sur l’entrisme islamiste est attendue « avant la fin de l’année ». Emmanuel Macron l’a déclaré lors d’un entretien à plusieurs médias, à l’issue d’un second Conseil de défense et de sécurité nationale consacré à l' »entrisme », en particulier celui des Frères musulmans, après la publication d’un rapport en mai.
Le président souhaite l’adoption d’un texte applicable dès la fin de l’année, ce qui signifie qu’il devrait être prêt d’ici la fin de l’été. Ce projet fera suite à la fameuse loi « séparatisme » de 2021, dite « confortant les principes de la République ». Les mesures proposées visent à lutter contre les menaces que, selon le gouvernement, les Frères musulmans font peser sur la cohésion nationale. Parmi ces mesures, figurent la possibilité de dissoudre les fonds de dotation qui les soutiennent, la saisie des biens d’associations agissant pour leur compte, et un contrôle renforcé, avec des amendes pour les associations ne respectant pas le contrat d’engagement républicain.
« On veut sensibiliser l’opinion publique », a déclaré Emmanuel Macron, mettant l’accent sur les élections municipales de 2026. Il appelle à la vigilance auprès des préfets et du ministère de l’Intérieur, qui auront la possibilité de croiser leurs fichiers. Bien que le code électoral empêche l’État d’interdire des candidatures communautaires, le président s’engage à réunir les représentants de l’islam de France cet automne, prônant un « discours d’apaisement ».
Ces mesures montrent une volonté de reprendre la main sur un dossier symbolique qui avait suscité l’agacement de Macron lors d’un précédent Conseil de défense. Il avait alors critiqué les insuffisances des propositions. Le président a exprimé sa satisfaction quant aux ajustements réalisés par le gouvernement, notamment sous l’égide du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. « J’ai félicité le gouvernement, ce que j’ai demandé a été creusé », a-t-il affirmé.
Emmanuel Macron a lui-même pris l’initiative de communiquer avec les journalistes après la réunion, signe de sa volonté de contrôler la narrative des décisions prises. Cela reflète une aspiration à redevenir le leader en charge, à moins de deux ans de la fin de son mandat. « Ce n’est pas qu’il n’a pas confiance mais il préfère regarder », commente un ami ancien, ajoutant que Macron agit « comme à l’auto-école, le moniteur a les doubles pédales ».
En marge d’un déplacement à Roquefort, le président a également exhorté le Premier ministre à mieux encadrer la communication au sein du gouvernement. Il a taquiné les ambitions de certains pour 2027 et a souligné l’importance de l’unité de son parti devant les Jeunes avec Macron, en exprimant ses attentes à long terme : « dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans ! ». Ce changement de ton, loin de l’image d’un président détaché qu’il avait cultivée récemment, témoigne d’un regain d’autorité à l’approche de nouveaux défis politiques.