À huit mois de l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Macron reste déterminé à conserver son influence tout en se préparant à une campagne où le bloc central peine à désigner son candidat. En dépit de la controverse entourant ses vacances à Brégançon, de la censure partielle de la loi sur les réseaux sociaux et d’une rentrée budgétaire compliquée, le chef de l’État doit rapidement reprendre le contrôle, rapporte TopTribune.
La question n’est pas de savoir si Emmanuel Macron interviendra dans cette campagne électorale, mais plutôt quand et comment il le fera, étant donné que la Constitution l’empêche de se présenter. À l’approche de cette échéance, le président a l’intention de continuer à agir et à présider « jusqu’à la dernière seconde », tout en défendant un bilan dont certains de ses ex-premiers ministres, tels qu’Édouard Philippe et Gabriel Attal, semblent vouloir s’éloigner.
Habitué à un darwinisme politique, Emmanuel Macron pourrait s’abstenir d’intervenir immédiatement, laissant ses anciens collaborateurs s’affronter, avant de potentiellement désigner celui ou celle qui représentera le « bloc central », qui est actuellement surchargé. Pendant ce temps, alors qu’il se trouve au fort de Brégançon pour son dernier été à cette fonction, le président doit gérer une rentrée marquée par des controversies et un revers substantiel.
Le jet-ski qui passe mal
La polémique actuelle provient d’une une de Paris Match, qui le montre à cheval sur un jet-ski. À une époque où la France subit une canicule persistante, ainsi qu’une sécheresse historique et des mégafeux sans précédent, cette image semble déplacée, même si elle reflète un moment de loisir. Depuis cette publication, les oppositions, principalement de gauche, s’en donnent à cœur joie. Marine Tondelier, la dirigeante des Écologistes et candidate à l’élection présidentielle, dénonçant un « été apocalyptique » pour les Français, a critiqué le président, qui apparaît en vacances dans le magazine.
« Pendant la canicule, alors que la France brûle et qu’une partie des Français n’a pas pu partir en vacances, le président profite de son jet-ski à Brégançon. Quel message cela envoie-t-il ? », a ironisé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. De son côté, le sénateur du PCF, Pierre Ouzoulias, a déclaré : « C’est la politique comme je ne l’aime pas. » L’entourage présidentiel, qui évoque des « photos volées », est confiant que cette controverse, récurrente chaque été depuis neuf ans, finira par s’estomper.
Le revers sur la loi réseaux sociaux
Parallèlement à cela, Emmanuel Macron doit faire face à un revers concernant la censure partielle de la loi restreignant l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, décidée vendredi par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a jugé que le contrôle de l’âge des utilisateurs enfreignait des droits fondamentaux. Refusant de laisser passer ce sujet qu’il souhaite positionner comme une réussite de son mandat, Macron a chargé Sébastien Lecornu de rédiger une nouvelle version de la loi, avec un objectif d’adoption « d’ici au printemps 2027 », malgré un calendrier parlementaire déjà chargé.
En cette rentrée, où le budget s’annonce comme un défi majeur, Emmanuel Macron pourrait également choisir de concentrer ses efforts sur des questions internationales, un domaine où il conserve un certain crédit aux yeux des Français.