Après avoir obtenu la condamnation de Donald Trump en 2025 pour diffamation, E. Jean Carroll publie un nouveau livre qui retrace ses sept années de combat judiciaire contre l’ancien président des États-Unis. Dans cet ouvrage, elle dénonce le manque de soutien institutionnel et l’abandon des témoignages de femmes, rapporte TopTribune.
E. Jean Carroll est la première femme à obtenir une condamnation contre Donald Trump pour agression sexuelle, malgré de nombreuses accusations formulées à son encontre au cours de sa carrière. L’écrivaine, qui a fait sa renommée comme chroniqueuse féministe dans les années 80 et 90, vient de publier Not my type. La femme qui a fait plier Trump, qui revient sur son parcours judiciaire.
La récente décision de la cour d’appel de New York a entraîné pour Trump une condamnation à verser 83,3 millions de dollars à Carroll pour l’avoir diffamée dans le cadre d’accusations de viol.
Accusée de l’avoir violée en 1996
En 2019, E. Jean Carroll a accusé Donald Trump de l’avoir violée en 1996 dans une cabine d’essayage d’un grand magasin à New York. En mai 2023, elle a obtenu la reconnaissance de sa responsabilité par un tribunal américain dans une affaire de plainte civile liée à des accusations de viol et de diffamation.
Le républicain a utilisé ce procès comme une opportunité médiatique dans sa campagne pour un retour à la Maison-Blanche, qualifiant la situation de nouvelle « chasse aux sorcières » à son encontre.
« Ça l’a rendu fou »
E. Jean Carroll décrit son parcours judiciaire comme un processus parsemé de moments à la fois excitants et frustrants, mais toujours difficile. Elle savoure sa victoire après autant d’années de lutte et déclare : « Ça l’a rendu fou ». Elle indique qu’elle envisage de financer des causes sociales, environnementales et féministes avec l’argent obtenu. « Je vais dépenser l’argent dans tout ce qu’il déteste. »
Face à cette longue lutte, elle critique également le système judiciaire, affirmant que les femmes ne se sentent plus en sécurité pour s’exprimer. « Aucune femme n’oserait faire ça maintenant. J’ai pu le faire parce que je n’avais pas d’enfants, j’étais plus âgée et je n’avais rien à perdre. Est-ce que vous voyez des femmes prendre la parole ? » écrit-elle, ajoutant que les chiffres des condamnations montrent clairement un recul dans la prise de parole des femmes.
Carroll évoque des femmes qui n’ont jamais pu se remettre après avoir dénoncé Trump et souligne la difficulté de publier son livre, qui n’a pas trouvé d’éditeur en dehors des États-Unis, excepté en France. « Les Français sont les seuls à avoir eu le cran de le faire », conclut-elle.