Une onde de Kelvin pourrait faire monter le niveau de la mer de 30 cm en Californie

Une onde de Kelvin pourrait faire monter le niveau de la mer de 30 cm en Californie

03.10.2026 03:06
3 min de lecture

Une importante masse d’eau chaude progresse le long du Mexique en direction de la Californie, où elle devrait entraîner une hausse temporaire du niveau de la mer. Ce vendredi, cette « onde de Kelvin », phénomène étroitement associé à El Niño, se trouve au nord de Cabo, dans le golfe de Californie. Elle avance à environ 10 km/h et devrait atteindre San Diego la semaine prochaine, avant de poursuivre sa route vers le nord de la côte ouest américaine, rapporte TopTribune.

Invisible à l’œil nu, une onde de Kelvin correspond au déplacement d’une masse d’eau chaude sur plusieurs milliers de kilomètres. Selon le Los Angeles Times, qui a publié un article sur le phénomène le 10 septembre, celle qui remonte actuellement vers les États-Unis pourrait faire augmenter le niveau de la mer jusqu’à 30 centimètres au large de la Californie et ses effets pourraient se prolonger pendant des mois.

Un risque d’inondations et d’érosion des plages

Cette élévation peut devenir problématique lorsqu’elle se conjugue à d’autres phénomènes. Dillon Amaya, océanographe à l’université d’État de Caroline du Nord, explique que l’association avec « les tempêtes, les fortes houles ou les marées » peut augmenter le « risque d’inondations et d’érosion des plages ». Chaque hausse supplémentaire de 5 à 10 centimètres du niveau de l’eau « double pratiquement le risque d’inondations », précise le chercheur.

Le phénomène est directement lié au fonctionnement d’El Niño. Lorsque les alizés faiblissent dans le Pacifique équatorial, une partie des eaux très chaudes accumulées près de l’Indonésie se déplace vers l’est, jusqu’à l’Amérique du Sud. L’onde équatoriale se divise alors en deux ondes côtières, dont l’une remonte vers l’Amérique du Nord. « L’onde de Kelvin est à la fois une cause et un symptôme d’El Niño », résume-t-il.

Une onde côtière peut parcourir 25.000 kilomètres

En longeant les côtes, cette masse d’eau chaude limite la remontée vers la surface des eaux froides provenant des profondeurs. Le Los Angeles Times précise, en citant Michael Jacox, chercheur à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), que ces ondes côtières font monter le niveau marin et la température de l’océan tout en repoussant plus profondément les eaux froides riches en nutriments. Elles jouent ainsi un rôle dans le développement d’El Niño.

Le phénomène devrait ensuite continuer sa progression vers le nord. D’après Dillon Amaya, une onde côtière de ce type peut parcourir environ 25.000 kilomètres entre le Pacifique équatorial occidental et le golfe d’Alaska en quelque 120 jours. Son arrivée intervient alors que plusieurs zones du sud de la Californie ont déjà subi de fortes tempêtes et des épisodes d’érosion.

Au cours des derniers mois, le sud de la Californie a fait face à des conditions climatiques extrêmes, exacerbées par le phénomène d’El Niño. Des tempêtes répétées ont causé des dommages considérables, notamment la dégradation des infrastructures côtières et la perte de sable sur les plages. Les autorités locales se préparent donc à une nouvelle série d’inondations potentielles liées à l’onde de Kelvin, qui pourrait aggravée la situation.

Les équipes de secours et les administrations locales, conscientes des dangers potentiels, mettent en place des mesures préventives pour minimiser les impacts. Des barrières temporaires et des plans d’évacuation sont envisagés, surtout dans les zones les plus vulnérables. La communauté scientifique surveille attentivement la progression de l’onde, tout en prévenant que des ajustements dans les prédictions climatiques pourraient survenir en fonction de son évolution.

Les climatologues soulignent également l’importance d’alerter le public sur le lien entre ces événements océaniques et le changement climatique. La fréquence croissante de phénomènes météorologiques extrêmes pourrait être exacerbée par les changements d’anomalies thermiques dans l’océan, mettant l’accent sur la nécessité d’une recherche continue et d’une meilleure préparation face aux catastrophes naturelles.

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