Dysfonctions sexuelles en France : une enquête révèle leur prévalence chez un tiers des femmes et un homme sur cinq

Dysfonctions sexuelles en France : une enquête révèle leur prévalence chez un tiers des femmes et un homme sur cinq

10.06.2026 08:27
3 min de lecture

Une enquête récente de Santé publique France révèle que les dysfonctions sexuelles sont un phénomène répandu parmi la population adulte française, touchant plus d’un tiers des femmes et près d’un cinquième des hommes. Ce constat émane de l’enquête Contexte des sexualités en France 2023 (CSF-2023), rapporté TopTribune.

Les dysfonctions sexuelles englobent une variété de symptômes pouvant dégrader la qualité de la vie intime. Cette étude, adoptant une approche psychosociale et physiologique, a pour objectif de mettre à jour la réalité des dysfonctions chez les résidents de la France hexagonale et d’évaluer leurs répercussions sur la sexualité.

Près de 10 000 personnes interrogées

Au total, 9 118 individus, âgés de 18 à 89 ans et sexuellement actifs, ont été questionnés sur divers troubles tels que le désir, la dyspareunie, ainsi que le plaisir ressenti. Les femmes ont été interrogées sur la sécheresse vaginale, tandis que les hommes se sont vus poser des questions sur les troubles de l’érection. L’étude a également analysé la persistance des troubles sur une période d’au moins six mois et leur impact sur la qualité de la vie intime.

19 % des hommes et 36 % des femmes ont au moins un trouble sexuel persistant

Les résultats indiquent que 18,9 % des hommes et 36,4 % des femmes rapportent au moins un trouble sexuel persistant. Pour 10,9 % des hommes et 21,2 % des femmes, ces troubles s’accompagnent d’une détresse significative. Ces dysfonctions se font sentir plus fréquemment avec l’âge et sont souvent liées à la santé générale. Chez les femmes, une association avec des expériences de violence sexuelle au cours de leur vie a également été observée.

Les troubles sexuels les plus courants chez les hommes durant l’adolescence et le début de l’âge adulte concernent généralement l’éjaculation prématurée, tandis que la dysfonction érectile, bien que rare avant 30 ans, se renforce avec l’âge, souvent corrélée aux comorbidités cardiovasculaires et métaboliques.

Du côté des femmes, les jeunes adultes rapportent fréquemment un désir sexuel hypoactif, des difficultés d’orgasme et parfois des douleurs durant les rapports, alors qu’après 60 ans, les troubles de la lubrification et une diminution de l’intensité orgasmique deviennent plus prévalents.

Pour comparaison, une méta-analyse internationale récente (2017-2022) indiquait une prévalence globale des dysfonctions sexuelles de 31 % chez les hommes et de 41 % chez les femmes, atteignant 68 % chez ceux vivant avec une maladie chronique.

Augmentation des dysfonctions sexuelles avec l’âge, pour les deux sexes

Tous les symptômes rencontrent une prévalence plus élevée chez les femmes à chaque âge, sauf pour les difficultés à atteindre l’orgasme. Pour les hommes, la fréquence des symptômes augmente avec l’âge, avec un allongement particulièrement marqué après 60 ans.

Chez les hommes, l’absence de partenaire et un cadre de vie urbain sont liés à une plus grande probabilité de dysfonctions sexuelles, tout comme des antécédents de maladies urogénitales. Pour les femmes, une instruction plus élevée semble être associée à une déclaration plus fréquente de dysfonctions. Dans les deux cas, l’incapacité fonctionnelle et les antécédents de violences sexuelles sont fortement corrélés à une augmentation du risque de troubles.

Les chercheurs soulignent que « les résultats mettent en évidence la nécessité d’intégrer la prise en charge des dysfonctions sexuelles dans une approche globale de la santé, en raison des liens étroits entre santé sexuelle et santé générale. »

Ils ajoutent : « bien que les dysfonctions occupent une place importante dans le bien-être sexuel, plus d’un tiers des personnes qui en déclarent indiquent qu’elles n’affectent pas leur sexualité. Ces manifestations physiques sont qualifiées de troubles ou de dysfonctions car elles s’écartent d’une norme définie à des fins de classification. Toutefois, leur impact ressenti varie selon les attentes individuelles et les expériences de chacun vis-à-vis des normes de performance sexuelle. »

Cette analyse démontre que les dysfonctions sexuelles sont fréquentes et qu’elles peuvent affecter le bien-être. Elles soulèvent des enjeux de santé sexuelle qui restent insuffisamment pris en compte, notamment en ce qui concerne la sexualité des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et les effets des violences sexuelles.

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