Donald Trump menace de rompre les échanges commerciaux avec l'UE en cas de maintien du projet d'association avec le Canada.

Donald Trump menace de rompre les échanges commerciaux avec l’UE en cas de maintien du projet d’association avec le Canada.

19.09.2026 07:56
2 min de lecture

Donald Trump a exprimé, le 16 septembre 2026, sa menace de mettre fin aux échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Union européenne. Cette déclaration a été faite en réponse au projet de Bruxelles visant à classer le Canada comme le premier pays « membre associé » de l’UE. Le président américain a averti qu’il serait prêt à instaurer des droits de douane significatifs ou même à suspendre tout commerce avec l’Europe s’il considérait cette initiative comme hostile, rapporte TopTribune.

« C’est totalement absurde », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse. Il a précisé que si l’Europe persistait dans cette voie, il envisagerait de mettre en œuvre des droits de douane entravants ou de stopper complètement les échanges avec l’Europe.

Cette réaction a été déclenchée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a formulé cette proposition en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, le 17 septembre 2026, date à laquelle il doit s’exprimer devant les eurodéputés. Von der Leyen a également exprimé l’idée que le Canada puisse rejoindre le futur Conseil européen de sécurité, dont elle préconise la création.

« Nous partageons une vision commune sur de nombreux enjeux, tels que l’intelligence artificielle et le changement climatique. Il est temps qu’Ottawa et Bruxelles travaillent ensemble pour construire un avenir solidaire », a-t-elle affirmé. En parallèle, le bureau de Carney a publié un communiqué soulignant que le Canada doit forger des alliances avec des partenaires fiables dans un monde de plus en plus dangereux et divisé.

Cette collaboration s’explique par une pression extérieure importante. D’un côté, le Canada, en proie à une guerre commerciale avec les États-Unis menée par Trump, est à la recherche de nouveaux marchés. De l’autre, l’Europe, dont les relations avec Washington demeurent tendues, souhaite renforcer ses alliances afin de se repositionner entre deux superpuissances : la Chine et les États-Unis.

Le concept de membre associé pour le Canada n’a pas de base juridique dans les traités européens. Récemment, l’Allemagne avait proposé une idée similaire pour l’Ukraine, suggérant que Kiev puisse participer à certaines réunions ministérielles de l’UE sans disposer d’un droit de vote.

Les échanges UE-Canada ont connu une croissance exponentielle depuis 2016

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange en 2016, presque tous les tarifs douaniers entre les deux régions ont été supprimés, entraînant une impressionnante augmentation de 80 % des échanges commerciaux. En 2026, le Canada est devenu le premier pays non membre de l’UE à se joindre au programme de défense européen Safe.

L’ambassadeur canadien à Bruxelles, Jonathan Wilkinson, a précisé dans une interview que les deux parties souhaitent explorer des capacités et des besoins complémentaires dans des domaines stratégiques tels que l’énergie, l’intelligence artificielle et les matériaux critiques, notamment les terres rares. Ceci pourrait permettre d’assurer la souveraineté des deux acteurs dans un contexte international complexe.

Ottawa espère également qu’un futur accord permettra à la Banque européenne d’investissement de financer des projets canadiens liés à des ressources stratégiques, dans le but de diminuer la dépendance envers la Chine.

Des propositions supplémentaires sont actuellement à l’étude, notamment la facilitation des règles de mobilité de la main-d’œuvre, l’augmentation des échanges d’étudiants grâce au programme Erasmus, et le soutien canadien au prêt de 90 milliards d’euros que l’UE a octroyé à l’Ukraine, en participant à des projets de défense.

Après sa rencontre avec von der Leyen, Mark Carney a pris la direction du Royaume-Uni, où il a eu des discussions avec le nouveau Premier ministre, Andy Burnham. Les deux dirigeants ont réitéré leur engagement à travailler ensemble en matière de sécurité et de commerce.

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