Mobilisation pour contrer la chute de la lecture chez les jeunes en France
Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a déclaré le 1er décembre que la chute de la lecture n’est pas inéluctable, lors de la restitution des États généraux de la lecture pour la jeunesse qui ont produit quinze propositions visant à redynamiser l’intérêt des jeunes pour la lecture, rapporte TopTribune. Les ministres, Geffray et Rachida Dati, ministre de la Culture, ont appelé à une mobilisation générale de tous les acteurs concernés, des éducateurs aux parents, soulignant l’urgence d’agir face à la concurrence grandissante des écrans.
Selon une étude du Centre national du livre, les jeunes âgés de 7 à 19 ans consacrent en moyenne seulement 19 minutes par jour à la lecture, contre plus de trois heures passées devant un écran, soit un rapport de dix à un. Initiés en juillet, ces États généraux ont vu la participation de plus de 36 000 personnes à travers la France, dont 6 000 jeunes, ce qui en fait la plus importante consultation jamais réalisée sur la lecture des jeunes, d’après le ministère de la Culture.
À l’issue des travaux des neuf auteurs du comité de pilotage, un plan sur dix ans a été proposé, comprenant 15 mesures destinées à « réenchanter la lecture », a expliqué Nicolas Georges, président du comité et directeur du livre au ministère de la Culture. Ce rapport servira de base pour l’établissement d’une feuille de route par les deux ministères, a précisé Rachida Dati, qui a également évoqué la recherche de financements pour ce plan, suggérant l’application du principe du « pollueur payeur » envers les acteurs du numérique. « Il faut une concurrence plus équitable. Il faut faire payer les écrans », a déclaré Nicolas Georges.
Geffray a souligné l’importance de la lecture pour la réussite scolaire, notant que « plus vous avez de livres à la maison, plus les résultats scolaires s’améliorent », et que « plus un jeune a un champ lexical diversifié, mieux il réussit ». La priorité sera donnée au collège, car c’est à ce niveau que les jeunes décrochent de la lecture, en particulier les garçons, qui lisent de moins en moins. Cette évolution entraîne une « féminisation très forte de la lecture », a ajouté Nicolas Georges.