Des prescriptions contraceptives inadaptées pour 40,7 % des femmes à risque cardiovasculaire en France

Des prescriptions contraceptives inadaptées pour 40,7 % des femmes à risque cardiovasculaire en France

29.09.2026 17:26
3 min de lecture

Des prescriptions inadaptées mettent en danger la santé des femmes

À l’occasion de la Journée mondiale du cœur, la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes a publié de nouveaux résultats provenant de l’Observatoire national de la santé des femmes, rapporte TopTribune.

Cette étude, lancée en 2021, repose sur les dossiers médicaux issus des dépistages réalisés par le Bus du Cœur des Femmes. Ces dépistages se concentrent sur les risques cardiovasculaires, métaboliques et gynécologiques.

Au total, près de 14 653 dossiers médicaux ont été ouverts par le Bus du Cœur des Femmes, et 1 062 d’entre eux ont été analysés pour des femmes âgées de 15 à 55 ans dont le type de contraception est précisé. Selon les chiffres publiés le lundi 28 septembre, 40,7 % des femmes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ont reçu une prescription inappropriée de contraception œstroprogestative. Ce chiffre atteint 59,8 % en prenant en compte celles ayant des antécédents familiaux au premier degré. Cette situation est alarmante, surtout compte tenu des 200 femmes qui décèdent chaque jour en France en raison de maladies cardiovasculaires.

« Les données de l’Observatoire national de la santé des femmes le confirment : les prescriptions inadaptées sont un enjeu de santé publique majeur nécessitant de renforcer la formation des professionnels de santé sur les contre-indications de la contraception œstroprogestative. Il est aussi nécessaire d’informer les femmes sur les différents modes de contraception et leurs éventuelles contre-indications », déclare la Pre Geneviève Plu-Bureau, présidente du Conseil scientifique d’Agir pour le Cœur des Femmes et gynécologue à l’Hôpital Cochin-Port-Royal à Paris.

Des symptômes cardiovasculaires chez 2/3 des femmes à risque

Les facteurs de risque les plus souvent observés dans cette cohorte à haut risque comprenaient l’hypertension, les antécédents cardiovasculaires au premier degré, ainsi que l’association de l’âge (35 ans) avec le tabagisme ou l’obésité.

« En France, chaque femme a la possibilité de bénéficier d’une consultation longue remboursée par l’Assurance Maladie avec son médecin traitant ou son gynécologue lors de la prescription de sa première contraception. C’est l’occasion d’évaluer les facteurs de risque cardiovasculaire et de détecter les contre-indications, souligne le Pr Claire Mounier-Véhier, cofondatrice d’Agir pour le Cœur des Femmes et cardiologue au CHU de Lille.

Parmi les 15 000 dossiers examinés, neuf femmes sur dix présentaient au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire. Les participantes étaient âgées de 15 à 85 ans, avec un âge médian de 57 ans, un pic de participation étant observé chez les femmes de 55 à 69 ans, selon le communiqué de la fondation Agir pour le Cœur des Femmes.

Près de deux tiers des participantes présentaient des symptômes cardiovasculaires tels que palpitations, essoufflement, douleurs thoraciques et malaise. De plus, une femme sur deux cumulait deux facteurs gynéco-obstétricaux (tels que le syndrome des ovaires polykystiques ou l’endométriose), et 60 % des femmes étaient en surpoids ou obèses.

Des facteurs de risque trop souvent négligés

Alors que 80 % de ces femmes n’avaient reçu aucun suivi cardiovasculaire, 26 % avaient déjà subi un accident cardiovasculaire. Par ailleurs, 40 % n’avaient pas de suivi gynécologique, un chiffre qui touche surtout les femmes de moins de 25 ans et celles de plus de 65 ans. Une femme sur deux présentait une hypertension artérielle, mais seulement une sur cinq était traitée.

Des facteurs sociopsychologiques aggravent le risque cardiovasculaire chez de nombreuses femmes. Ainsi, une femme sur cinq rapporte être victime de violences psychologiques ou physiques. De plus, 66 % des participantes indiquent avoir subi un stress excessif ou avoir été traitées pour dépression, et 42 % se trouvent en situation de précarité, ce qui entraîne une chute de 50 % du suivi gynécologique auprès des plus vulnérables.

« Cette nouvelle édition de l’Observatoire national de la santé des femmes met en lumière une réalité tragique : chaque année en France, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à mourir d’une maladie cardiovasculaire. Les raisons de cette inégalité sont claires : des facteurs de risque présents mais ignorés, des lacunes dans la prise en charge, et un manque de sensibilisation », conclut la Pre Mounier-Véhier.

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