Des médecins hospitaliers contraints de rembourser jusqu'à 80 000 € de primes : « Nous sommes critiqués pour avoir accepté ce qui nous a été attribué »

Des médecins hospitaliers contraints de rembourser jusqu’à 80 000 € de primes : « Nous sommes critiqués pour avoir accepté ce qui nous a été attribué »

09.08.2026 07:46
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Le Grand Hôpital de l’Est francilien, regroupant plusieurs établissements en Seine-et-Marne, a récemment exigé le remboursement de primes versées à certains médecins au cours des deux dernières années. Pour plusieurs d’entre eux, la somme réclamée peut atteindre jusqu’à 80 000 euros. Environ cinquante praticiens sont concernés par cette décision, ce qui suscite une vive réaction parmi le personnel médical, rapporte TopTribune.

Ces primes, qui figuraient pourtant dans les contrats des médecins, ont été supprimées par la direction, provoquant ainsi une onde de choc au sein de la communauté médicale. La colère grandit alors que les professionnels estiment avoir été trahis après avoir exécuté leurs responsabilités avec diligence.

Anesthésistes, psychiatres et radiologues dans la ligne de mire

  1. Les médecins diplômés en dehors de l’Union européenne sont particulièrement touchés. Ces primes leur permettaient d’améliorer un salaire souvent proche de celui d’un débutant, en attendant l’équivalence de leurs diplômes dans un milieu où la pénurie de soignants est manifeste.
  2. Des anesthésistes-réanimateurs sont également dans le collimateur, car des heures supplémentaires leur ont été réglées à un tarif plus élevé pour éviter de devoir recourir à des intérimaires. L’hôpital entend également récupérer des primes de garde attribuées à des médecins spécialisés en psychiatrie et en radiologie, entraînant des remboursements pouvant atteindre quasiment 30 000 euros.

« C’est de l’hypocrisie. Nous avons accompli notre tâche et nous avons le sentiment d’avoir été trahis. Cela me touche vraiment, cette situation est inacceptable », a déclaré un praticien à TF1 Info.

La direction du Ghef soutient que ces primes, mises en place par l’ancienne administration, n’avaient aucune base légale. Elle précise que seules 10 % des équipes sont affectées par cette décision, tout en espérant récupérer un montant total d’environ 2,7 millions d’euros.

Un étalement des remboursements est proposé aux médecins concernés. Ces derniers ont été avertis par la nouvelle direction dès la fin de 2024 que ces primes ne seraient plus versées, avant d’être sommé quelques mois plus tard de restituer les montants perçus sur les deux années précédentes.

De plus, certains médecins ont saisi le tribunal administratif de Melun, arguant leur incapacité à rembourser de telles sommes, après avoir dépensé ces fonds, tandis que leurs salaires se situent désormais autour de 2 000 euros, selon des informations fournies par WhatsUpDoc. Cette problématique aurait déjà provoqué le départ de la moitié des membres du service de radiologie.

D’après Delphine Krzisch, avocate de plusieurs des plaignants, ces médecins avaient accepté de remplir des plannings vacants dans un contexte post-Covid, aggravé par la pénurie de soignants, ce qui les a amenés à travailler au-delà des heures réglementaires. Elle a affirmé que ces médecins étaient conscients de leur engagement, et que la situation était bien connue de tous.

L’avocate qualifie de « management toxique » de telles pratiques et soulève un questionnement crucial : « Comment peut-on faire confiance à une administration qui ne respecte pas ses engagements ? »

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