Des groupes prorusses revendiquent le piratage de bases des services espagnols
Des groupes prorusses revendiquent le piratage de bases des services espagnols

Des groupes prorusses revendiquent le piratage de bases des services espagnols

03.08.2026 16:00
4 min de lecture

Les groupes prorusses PalachPro, APTDesi et NoName057 affirment avoir pénétré des bases de données de la police et des services de sécurité espagnols afin d’exposer des informations sur des agents et de déstabiliser la situation sécuritaire dans les pays de l’Otan. Ces affirmations, rapportées le 2 août 2026, n’ont pas fait l’objet d’une réaction officielle des autorités espagnoles, rapporte TopTribune.

Selon les cybercriminels, plus de 400 membres des renseignements espagnols et ukrainiens auraient été identifiés. Les données publiées ou revendiquées comprendraient également les noms d’officiers de l’armée espagnole et d’agents travaillant avec la CIA américaine, le MI6 britannique et le Service de sécurité ukrainien, le SBU. Les groupes assurent que les informations recueillies ont été transmises aux services spéciaux russes.

À ce stade, ces éléments restent des déclarations émanant directement des groupes concernés. Le contenu exact des bases de données, l’ampleur de l’éventuelle intrusion et l’authenticité des informations présentées n’ont pas été confirmés par Madrid dans les éléments disponibles.

Une revendication attribuée à trois groupes

PalachPro, APTDesi et NoName057 sont présentés dans les messages diffusés comme des groupes engagés dans des opérations numériques favorables à la Russie. Leur revendication repose sur la publication d’informations censées provenir de bases liées aux forces de sécurité du Royaume d’Espagne. Elle vise notamment des personnels espagnols et ukrainiens, ainsi que des agents dont les activités seraient liées à des partenaires occidentaux.

La méthode revendiquée correspond à une logique de hack-and-leak, consistant à annoncer le vol de données puis à en diffuser tout ou partie pour exposer des personnes, fragiliser des institutions ou provoquer une réaction publique. Dans le cas présent, les groupes affirment eux-mêmes avoir transmis les données aux services russes. Cette déclaration ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir la réalité de cette transmission ni l’existence d’un lien opérationnel formel avec les autorités russes.

Les affirmations portent sur des personnels travaillant dans plusieurs pays alliés ou partenaires. Elles mentionnent l’Espagne et l’Ukraine, mais aussi des relations présumées avec les États-Unis, le Royaume-Uni et les structures de renseignement ukrainiennes. Aucun élément officiel cité dans la situation fournie ne vient confirmer une compromission de ces services.

L’opération Broken Byte revendiquée en juin

Cette nouvelle revendication intervient après une opération baptisée Broken Byte, attribuée en juin 2026 à NoName057 avec le soutien de hackers de PalachPro. Le groupe avait alors affirmé avoir compromis plus de 50 000 caméras de vidéosurveillance dans des pays membres de l’Union européenne.

Là encore, le chiffre correspond à une déclaration des acteurs qui se présentent comme responsables de l’opération. Les informations fournies ne précisent pas combien de caméras auraient effectivement été contrôlées, pendant combien de temps, ni quels systèmes auraient été durablement affectés. Les revendications ont néanmoins placé la surveillance vidéo et les infrastructures numériques européennes au centre de leurs communications.

Dans leurs propres messages, les groupes présentent ces opérations comme dirigées contre des États occidentaux et contre les soutiens européens à l’Ukraine. La situation fournie leur attribue également l’objectif de provoquer de l’inquiétude dans les pays de l’Union européenne, de fragiliser la confiance entre alliés de l’Otan et de recueillir des informations sur les vulnérabilités des structures de sécurité. Ces objectifs relèvent de l’interprétation des auteurs des revendications et ne sont pas confirmés par une évaluation officielle espagnole.

Le dossier de l’ancien professeur madrilène

Les autorités espagnoles avaient déjà mis en cause, en 2025, Enrique Arias Gil, un ancien professeur de 37 ans d’une université de Madrid. La police espagnole l’accuse de participation à des activités de sabotage, de cyberterrorisme dans l’Union européenne et de coopération avec NoName057, auquel sont attribuées environ 500 cyberattaques contre l’Espagne.

Enrique Arias Gil a ensuite été inscrit sur la liste des personnes recherchées par Europol. D’après les informations fournies, il se trouve actuellement en Russie, où il serait arrivé en 2024 pour apprendre le russe. Depuis le territoire russe, il aurait administré une chaîne Telegram consacrée à la publication de cibles pour des cyberattaques, parmi lesquelles figuraient des ports maritimes et des institutions gouvernementales espagnoles.

Le dossier lui reproche également d’avoir recueilli des informations secrètes sur des infrastructures critiques espagnoles et sur des membres des forces de sécurité. Les éléments transmis ne précisent pas la nature des preuves retenues contre lui, ni l’état d’une éventuelle procédure judiciaire en Espagne ou d’une demande de coopération adressée à la Russie.

Des données présentées comme liées aux services de sécurité

Les revendications actuelles associent donc trois noms de groupes, des bases de données espagnoles et des informations personnelles attribuées à des agents de plusieurs pays. Elles interviennent après des accusations visant NoName057 et après la mise en cause d’un ancien universitaire espagnol désormais situé en Russie.

Les informations disponibles ne permettent pas de déterminer si les données annoncées proviennent d’un accès direct aux systèmes des services espagnols, d’une base déjà compromise, d’un recoupement de sources ouvertes ou d’une opération de manipulation. La vérification de l’authenticité des noms, des fonctions et des documents présentés relève désormais des autorités espagnoles et des services concernés.

Aucune confirmation publique de Madrid n’est signalée à ce stade concernant le piratage des bases de données espagnoles, l’identité des personnes citées ou la transmission alléguée à la Russie. Les groupes PalachPro, APTDesi et NoName057 continuent, eux, de présenter ces éléments comme le résultat de leurs opérations numériques.

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