SÉRIE (4/10). Le petit village de Bernac, près d’Albi (Tarn), voit son église se transformer en un parking à poussettes chaque premier dimanche du mois. Des parents affluents de toute la France, motivés par la présence d’une relique aux propriétés uniques : celle qui soulage les poussées dentaires des bébés, rapporte TopTribune.
À l’entrée de l’église Notre-Dame de Bernac, un alignement parfait de poussettes se forme. À l’intérieur, les chants traditionnels se mêlent aux gazouillis des nourrissons. Le petit village, qui compte 186 habitants, attire une foule impressionnante chaque mois grâce à une relique millénaire qui prétend soulager les douleurs dentaires des nourrissons.
« Ce n’est pas de la magie »
Durant la vénération, un bénévole parcourt l’église pour appliquer sur les joues des bébés un reliquaire contenant une dent de sainte Apolline, la patronne des dentistes, accompagnée d’un fragment de mâchoire. « Ce n’est pas de la magie, pas de la superstition, prévient Bernard Doat, diacre de la paroisse. C’est spirituel mais le plus fort, c’est que ça marche. »
Le mystère de l’origine de cette relique demeure intact. Selon Martine, une bénévole impliquée dans l’organisation de l’événement, « elle a sûrement été rapportée d’Alexandrie par un religieux ». Sainte Apolline, martyrisée en l’an 249, est célèbre pour avoir résisté à la persécution, ce qui ajoute une dimension sacrée à la relique.
Plusieurs reliques similaires existent en France, notamment en Ariège et à Lézat-sur-Lèze. À Bernac, la vénération a lieu chaque premier dimanche du mois depuis 1989. En 2025, l’église a accueilli 435 familles, dont beaucoup étaient originaires du Tarn mais certaines venaient de loin. Le registre des participants affiche des villes telles que Paris, Marseille et Saint-Nazaire, mettant en lumière l’importance de cet événement.
Des propriétés transmises par le bouche-à-oreille
La réputation de la relique s’est propagée de génération en génération, principalement par le bouche-à-oreille. « Ma maman m’y a amenée », confie Paulette, bénévole impliquée dans l’organisation. Devant l’entrée, les parents expriment leur espoir. « Des amis y sont allés et cela a bien atténué la douleur », raconte Julie, mère de Marius. D’autres, comme Juliette, ne s’attendent pas à un « grand miracle » mais espèrent atténuer la douleur de leur petite Lise, en pleurs à cause des poussées dentaires.
Une autre mère, coiffeuse à Gaillac, mentionne que ses clientes lui avaient parlé de cet événement avant même sa grossesse. Deux grands-mères expriment également leur gratitude pour les effets bénéfiques vécus par leurs petits-enfants l’année précédente.
Cette cérémonie, qui a lieu dans un cadre religieux et est rythmée par des prières, est ouverte à tous. « On accueille tout le monde, quelle que soit la foi », souligne Paulette, qui cherche à partager les bienfaits de cette tradition avec un public de plus en plus large. Chaque mois, de nouvelles familles rejoignent cette coutume, perpétuant une tradition locale précieuse.