Dans 68 communes, il n’y aura pas d’élections municipales les 15 et 22 mars 2026 en raison d’un manque de candidats, ce qui reflète une fatigue parmi les sortants et une relève insuffisante ou divisée, rapporte TopTribune.
La liste des communes sans candidats
Le nombre de communes sans candidat est en revanche en baisse par rapport à 2020, où il atteignait 106. « Plutôt une bonne nouvelle », observe Géraldine Chavrier, chercheuse en collectivités à l’université Panthéon-Sorbonne.
Cela est d’autant plus surprenant compte tenu d’un changement de règles qui impose des listes complètes (autant que le nombre de conseillers municipaux moins deux) respectant la parité hommes-femmes, même dans les petites communes de moins de 1 000 habitants.
Le prochain mandat, censé durer six ans, pourrait être prolongé pour éviter un chevauchement avec les élections présidentielles de 2032.
Dans les communes sans candidats, une fois que l’équipe sortante aura terminé son mandat, la ville sera administrée pendant trois mois par une équipe transitoire nommée par le préfet, le temps d’organiser de nouvelles élections.
Si cette situation perdure, cette période pourrait être prolongée jusqu’à ce qu’un conseil municipal soit élu, voire que la commune soit fusionnée avec une voisine en dernier recours.
Voici la carte des communes sans candidat :
Près de 2 200 édiles ont jeté l’éponge entre juillet 2020 et mars 2025
Rothau (Bas-Rhin), une commune de 1 500 habitants, se distingue comme la plus peuplée de France à ne pas avoir enregistré de liste. Les désaccords internes ont jeté l’équipe sortante dans l’incertitude, explique Marc Scheer, le maire sortant depuis 2001 et conseiller municipal depuis 1989.
À 77 ans, il a choisi de ne pas se représenter. « Il est temps, je n’ai pas envie de me retrouver comme Joe Biden, en train de se casser la figure et de bafouiller ! Je sais quelles sont les difficultés de l’âge », confie-t-il.
Le nombre de démissions parmi les maires a considérablement augmenté durant ce mandat, avec près de 2 200 édiles qui ont démissionné entre juillet 2020 et mars 2025, ce qui, selon Géraldine Chavrier, explique les difficultés à trouver des candidats.
« Quand vous êtes tête de liste et que vous abandonnez parce qu’il y a trop de travail, votre premier adjoint se dit qu’il ne va pas se lancer et il devient extrêmement difficile de déposer des listes complètes. »
Des problématiques spécifiques à certaines communes peuvent également décourager les candidats potentiels, comme à Rochejean (Doubs), où l’ancien maire, mis en cause pour mauvaise gestion financière, a dû partir en cours de mandat. Florence Schiavon, sa remplaçante, a pris cette responsabilité par obligation en 2024, mais regrette le manque d’interessement pour sa succession.
À 71 ans, elle exprime sa volonté de se retirer : « J’ai envie de faire autre chose, autant que je peux », tout en partageant son expérience éprouvante face aux critiques des citoyens : « C’est pénible, c’est lourd, c’est épuisant ! »
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Avec AFP