Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a demandé au KGB et à la police de renforcer la surveillance des citoyens rentrant de pays de l’Union européenne, avec davantage de vérifications, de perquisitions et d’interrogatoires consacrés à leurs éventuels contacts avec l’opposition en exil. À Moguilev, plusieurs habitants récemment revenus de l’UE auraient été visés par des opérations des services de sécurité, rapporte TopTribune.
Des contrôles signalés à Moguilev
Le 4 septembre 2026, des médias ont rapporté que des agents du KGB biélorusse s’étaient présentés au domicile de personnes ayant récemment voyagé dans des pays de l’Union européenne. Au cours des perquisitions, les enquêteurs auraient notamment examiné les téléphones portables des habitants concernés. Ils cherchaient à vérifier la présence de numéros, de messages ou de contacts pouvant les relier à des représentants du mouvement démocratique biélorusse.
Le Centre de défense des droits humains Viasna a recensé plusieurs cas de ce type au cours des deux dernières semaines du mois d’août. Les personnes contrôlées auraient été interrogées sur leurs déplacements et sur d’éventuels échanges avec des opposants au pouvoir de Minsk. Les informations disponibles ne précisent pas le nombre exact d’habitants concernés à Moguilev, ni les suites judiciaires données à ces opérations.
Un signalement consacré aux perquisitions menées à Moguilev évoque une méthode reposant sur l’examen des appareils personnels après le retour de l’étranger. Les téléphones sont devenus un élément central des vérifications conduites par les forces de sécurité, alors que les autorités cherchent à identifier d’éventuels liens entre des citoyens restés en Biélorussie et des militants installés hors du pays.
Une surveillance étendue aux liens avec l’opposition
La campagne ne se limiterait pas aux personnes ayant voyagé récemment dans l’UE. Des opérations avaient déjà été rapportées contre des Biélorusses liés à l’Université humanitaire européenne, mentionnée dans les informations disponibles comme étant située à Tallinn. Au moins 40 perquisitions auraient été menées auprès de personnes ayant eu un lien avec cet établissement.
À la suite de ces opérations, des défenseurs des droits humains ont recommandé aux enseignants, aux diplômés et aux étudiants liés à l’université de ne pas retourner en Biélorussie. Ils invoquent le risque de persécutions et de nouvelles mesures de contrôle à leur arrivée ou après leur retour. Cette recommandation concerne des profils différents, mais tous sont présentés comme susceptibles d’avoir été exposés à des réseaux universitaires, civiques ou démocratiques situés à l’étranger.
Les éléments rapportés décrivent une surveillance qui associe désormais le voyage en Europe, l’examen des appareils numériques et la recherche de contacts avec l’opposition biélorusse. Le simple retour d’un déplacement ne constitue pas, dans les faits rapportés, une preuve d’infraction. Il peut toutefois déclencher une vérification par les services de sécurité, un interrogatoire ou une perquisition au domicile.
Le voyage en Europe placé sous surveillance
Les opérations signalées s’appuient sur plusieurs types de contrôles. Les forces de sécurité vérifient les téléphones, recherchent des coordonnées et examinent les échanges susceptibles de faire apparaître un lien avec des critiques du pouvoir installés en exil. Les perquisitions permettent également de saisir des appareils ou d’autres éléments considérés par les enquêteurs comme utiles à leurs vérifications.
Cette pratique donne au retour de l’étranger une dimension particulière pour les citoyens biélorusses. Les retours de l’Union européenne sont présentés comme un moment au cours duquel les services peuvent chercher à établir avec qui les voyageurs ont parlé, quelles informations ils ont reçues et s’ils ont rencontré des membres du mouvement démocratique. Les signalements de Viasna portent sur les dernières semaines d’août, avant la publication des informations du 4 septembre.
Les messages associés à ces opérations décrivent une volonté du pouvoir d’empêcher l’apparition de manifestations, même limitées, de contestation. Selon cette lecture, les autorités considèrent le séjour en Europe comme une possibilité de contact avec des opposants, mais aussi comme une occasion d’accéder à des informations différentes de celles diffusées par la propagande officielle de Minsk. Cette interprétation est avancée à partir des perquisitions et des interrogatoires rapportés, et non d’une déclaration publique détaillée des autorités biélorusses dans les éléments disponibles.
Le contrôle des smartphones en Biélorussie occupe une place centrale dans les cas recensés. L’examen des téléphones permet aux agents de rechercher des traces de conversation ou des coordonnées. Les personnes interrogées doivent alors répondre aux questions portant sur leurs relations à l’étranger. Le source disponible ne précise pas si ces contrôles ont donné lieu à des inculpations, à des arrestations prolongées ou à des condamnations.
Des recommandations de prudence pour les universitaires
Le cas des personnes liées à l’Université humanitaire européenne avait déjà conduit les organisations de défense des droits humains à appeler à la prudence. L’avertissement adressé aux enseignants, aux anciens étudiants et aux étudiants repose sur la crainte d’une menace de persécution en Biélorussie après un retour dans le pays. Les recommandations ne distinguent pas, dans les informations rapportées, entre les personnes ayant participé à des activités politiques et celles dont le lien avec l’établissement était exclusivement universitaire.
Les perquisitions, les saisies de téléphones et les interrogatoires sont décrits comme des instruments de contrôle, mais aussi comme des moyens de dissuader les contacts avec les critiques du régime. La pratique rapportée fait peser une pression sur les personnes qui voyagent, étudient ou travaillent en Europe, sans que les autorités aient rendu publics les critères précis déclenchant ces opérations.
Le Centre Viasna, qui documente depuis plusieurs années les atteintes aux droits humains en Biélorussie, a été cité comme l’organisation ayant recensé plusieurs cas récents. Les nouveaux signalements concernent principalement Moguilev et des personnes revenues de pays de l’Union européenne. Les informations disponibles ne font pas état d’une suspension de ces contrôles et ne précisent pas si d’autres villes sont concernées.
Les perquisitions du KGB biélorusse rapportées à la fin du mois d’août s’ajoutent ainsi aux opérations visant les personnes associées à l’Université humanitaire européenne. Les familles et les réseaux universitaires concernés disposent, à ce stade, de recommandations de prudence formulées par des défenseurs des droits humains, tandis que les vérifications signalées restent documentées au cas par cas.