Découverte d’une nouvelle cause génétique du psoriasis
Une équipe internationale dirigée par le Pr Hervé Bachelez de l’Université Paris Cité a identifié une cause génétique du psoriasis, révélant des implications majeures pour le traitement de cette maladie. La recherche, publiée en juillet 2026 dans le Journal of Experimental Medicine, met en lumière des patients qui, en raison d’une mutation rare du gène ADAR1, ne répondent pas aux traitements classiques, y compris aux biothérapies, rapporte TopTribune.
Piste génétique et médecine de précision
Chez ces individus, le psoriasis en plaques de début précoce représente une condition distincte. Les chercheurs ont découvert que la mutation d’ADAR1 est responsable d’une inflammation atypique en réponse à l’ARN messager, qu’il soit d’origine virale ou corporelle, une voie jusqu’alors négligée par la plupart des traitements disponibles.
Le gène ADAR1 joue un rôle essentiel dans la régulation du système immunitaire, prévenant une inflammation exagérée face à ses propres molécules d’ARN ou à des réactions virales. En cas de défaillance de ce gène, notamment avec les mutations ADAR1 G1119R et P3A, le système immunitaire s’active de manière incontrôlée, entraînant une production excessive de protéines inflammatoires comme les interférons et cytokines, conduisant ainsi à une inflammation chronique cutanée.
Des effets inversés par deux traitements ciblés
Suite à cette découverte, les médecins ont entrepris de traiter 12 patients porteurs de la mutation avec deux médicaments ciblant cette voie inflammatoire : l’upadacitinib et le deucravacitinib, respectivement utilisés pour le rhumatisme psoriasique. Les résultats ont été remarquables, avec des rémissions totales observées chez des patients auparavant résilients à tous les traitements.
Des analyses cutanées ont également révélé que, dans ces formes rares de psoriasis, l’inflammation ne provient pas uniquement du système immunitaire mais aussi des cellules cutanées, y compris les mélanocytes, responsables de la pigmentation. Cela explique les troubles de pigmentation présents chez près de 25 % des patients atteints de psoriasis.
Ces recherches offrent plusieurs perspectives : à court terme, un test génétique pour identifier rapidement les patients touchés et leur proposer un traitement adapté ; à long terme, vérifier si ce mécanisme spécifique est impliqué dans d’autres maladies inflammatoires, comme la dermatite atopique et la polyarthrite rhumatoïde, souvent associées au psoriasis.