De nouvelles directives américaines sur le cholestérol pourraient augmenter le nombre de patients traités à 88 millions

De nouvelles directives américaines sur le cholestérol pourraient augmenter le nombre de patients traités à 88 millions

09.08.2026 19:46
2 min de lecture

De nouvelles lignes directrices américaines sur le cholestérol : des millions de patients pourraient avoir besoin de médicaments

Les nouvelles recommandations sur le cholestérol aux États-Unis entraînent une baisse significative des taux cibles, obligeant des millions de patients supplémentaires à envisager un traitement médicamenteux. Le Canada pourrait suivre cette tendance, rapporte TopTribune.

Les directives révisées du Collège américain de cardiologie imposent des seuils plus stricts. Par exemple, la cible de cholestérol maximal pour les personnes à risque cardiovasculaire élevé a été réduite de 20 %. Des tests supplémentaires, y compris des imageries cardiaques et des analyses sanguines pour d’autres biomolécules, sont maintenant recommandés.

Au Canada, un des tests suggérés est déjà en usage : le test de la lipoprotéine A (Lp(a)), qui présente une variabilité moindre que d’autres mesures du cholestérol. « On n’a besoin de le tester qu’une fois dans la vie », précise le Dr Georges Honos, cardiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Un taux élevé de Lp(a) intensifie le risque cardiovasculaire, d’où la nécessité d’abaisser les cibles de cholestérol.

Les lignes directrices canadiennes, datant de 2021, sont plus récentes que celles des États-Unis, établies en 2018. Le Dr Iulia Iatan, interniste à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), indique que bien que certains médecins aient déjà intégré ces recommandations, d’autres hésitent à surmédicaliser leurs patients, selon le Dr Philippe L’Allier, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Une étude parue dans le Journal of the American Medical Association estime qu’en raison des nouvelles directives, le nombre d’Américains prenant des médicaments contre le cholestérol pourrait passer de 65 à 88 millions. Alors qu’auparavant, moins de 30 millions d’Américains en prenaient entre 2017 et 2023, ce chiffre pourrait avoir augmenté grâce à l’introduction de versions génériques moins onéreuses de ces médicaments.

Accent sur la nutrition et l’exercice

« Un plus grand accent sera mis sur les approches non pharmacologiques », envisage le Dr L’Allier. Les changements d’habitudes de vie, tels qu’une alimentation améliorée et une activité physique accrue, devraient avoir un impact significatif sur la santé cardiovasculaire. Cependant, il convient de noter que les nouvelles cibles pourraient nécessiter l’utilisation de médicaments hypolipémiants coûteux, notamment les inhibiteurs de PCSK-9, dont le coût peut atteindre 7000 $ par an. Ces traitements sont principalement réservés aux cas d’hypercholestérolémie familiale.

Malgré les défis d’accès à ces traitements, le Dr Honos mentionne que de nouvelles générations de statines sont plus efficaces, et d’autres médicaments pour réduire le cholestérol ont également vu le jour. L’imagerie médicale, recommandée par les révisions américaines, soulève des préoccupations quant à son coût dans le système de santé canadien, bien qu’une évaluation moins coûteuse, le « score calcique », puisse offrir les mêmes résultats.

Un changement notoire réside également dans l’évaluation à long terme du risque cardiovasculaire. « Auparavant, le risque d’événement cardiovasculaire était évalué sur une période de dix ans ; maintenant, les nouvelles lignes directrices préconisent une évaluation sur trente ans », constate le Dr L’Allier. Cela reflète des recherches prouvant que le cholestérol a un effet à long terme sans effets secondaires négatifs à sa réduction.

En comparaison, il est à noter que les cibles de cholestérol ont été révisées plus récemment que celles sur l’hypertension, qui n’ont pas évolué autant, en raison des risques de complications liés à une pression artérielle trop basse, particulièrement chez les personnes âgées.

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