Des élèves parisiens découvrent l’alimentation durable
Dans une classe de CM2 du 18e arrondissement de Paris, les élèves ont récemment été inités aux bienfaits d’une alimentation plus saine grâce à une intervention de Justine Piluso, cheffe et ancienne candidate de l’émission « Top Chef » 2020. Au cœur de cette initiative, la Semaine du Goût, qui réunit 10 000 classes de primaire à travers le pays, a pour but d’éveiller les jeunes aux saveurs et aux choix alimentaires, rapporte TopTribune.
Cet événement est plus qu’une simple dégustation; il s’agit d’un effort pour inculquer des habitudes alimentaires qui peuvent contribuer à atténuer les effets du changement climatique. La période durant laquelle les enfants développent leurs préférences alimentaires est cruciale. « Tout ce qu’on mange et tout ce que nous aimons manger en particulier, nous l’avons appris », souligne Sandrine Monnery-Patris, spécialiste en développement de l’enfant à l’Inrae.
Rééquilibrer les protéines
Pour guider les enfants vers une meilleure acceptation des légumes, Justine Piluso a d’abord proposé aux élèves de goûter le potimarron. « Les enfants ne sont pas réticents à goûter, il faut juste les accompagner », dit-elle. Bien que la tranche de potimarron ait suscité un intérêt, la châtaigne a révélé des grimaces d’appréhension.
Selon Sandrine Monnery-Patris, pour une alimentation saine et durable, il est essentiel d’équilibrer la consommation de protéines animales et de protéines végétales. Cela implique d’augmenter la part des fruits et légumes tout en réduisant celle de la viande. Les défis incluent l’acceptation des légumineuses, qui offrent des protéines de qualité, mais sont souvent perçues comme des aliments pour végétariens seulement. « Il faut casser ces a priori », insiste-t-elle.
Apprentissage sensoriel et répétition
Une autre approche ludique a été mise en place à travers la dégustation d’un velouté de potimarron. Junaid, un élève de 11 ans, a trouvé le plat agréable, tandis qu’Imad a exprimé son désamour pour la châtaigne. Tous deux sont des exemples du processus d’apprentissage basé sur la familiarisation, qui peut nécessiter jusqu’à 10 présentations d’un même aliment pour que l’enfant en apprécie les saveurs.
Importance du plaisir alimentaire
Monnery-Patris a également mis en avant l’importance de l’expérience collective liée à la nourriture. Manger doit être une expérience agréable et non une punition. « Le fait de partager les repas est fondamental », argue-t-elle, tout en notant que les distractions comme les écrans rendent souvent les dîners déracinés des sensations personnelles des enfants.
Justine Piluso ajoute que l’école doit offrir une alternative à ce que les enfants mangent à la maison. « Si les parents ne cuisinent pas, c’est plus complexe », explique-t-elle. Les cantines scolaires peuvent jouer un rôle vital dans l’ouverture des enfants à des repas plus équilibrés, mais cela nécessite la création d’une expérience culinaire positive.
Pêche durable et pratiques alimentaires
En parallèle, Sonia Bichet, reconnue comme la meilleure ouvrière poissonnière écaillère de France, est intervenue dans une autre classe de CM2 pour discuter de la pêche durable. En expliquant les méthodes de pêche, elle a sensibilisé les élèves à la saisonnalité et aux techniques d’achats responsables.
Les défis d’une alimentation durable engendrent la nécessité de considérer la dimension économique, selon Sandrine Monnery-Patris. Elle insiste sur le fait que les changements alimentaires doivent respecter la culture de chacun. L’idée n’est pas de forcer tout le monde à devenir végétarien, mais d’évoluer vers de meilleures pratiques alimentaires, une lentille à la fois.
