Climat : l’ONU alerte sur des dégâts irréversibles des glaces en cas de dépassement de 1,5 °C

Climat : l’ONU alerte sur des dégâts irréversibles des glaces en cas de dépassement de 1,5 °C

02.11.2026 11:56
2 min de lecture

Franchir la barre de 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, seuil fixé par l’Accord de Paris, entraînera des conséquences « irréversibles » sur les surfaces glacées et les mers polaires, préviennent deux rapports de l’ONU publiés ce lundi, rapporte TopTribune.

Un des rapports souligne que ce dépassement pourrait avoir de « graves – et souvent irréversibles » conséquences « au sein de la cryosphère et des océans polaires », incluant le recul des glaciers, le dégel du permafrost et l’élévation du niveau de la mer, exacerbant ainsi les risques d’inondations, de crises hydriques et de déséquilibres écologiques.

Une limite de sûreté déjà dépassée

Les dégâts sont déjà visibles, comme en témoigne la perte de 20 % du volume glaciaire en Suisse. Bien qu’il reste un objectif diplomatique, le seuil de 1,5 °C apparaît « trop haut » pour la cryosphère, dont le niveau de stabilité optimale se situe à 1 °C ou moins.

Avec un réchauffement mondial actuel de + 1,37 °C et des prévisions de l’Agence Copernicus anticipant un franchissement de la barre des 1,5 °C d’ici 2030, James Kirkham avertit : « Pour limiter […] les dégâts liés à la perte de glace dans les régions polaires et montagneuses du globe […], les températures doivent être ramenées bien en dessous de 1,5 °C aussi rapidement que possible ».

Le risque de points de rupture irréversibles

Chaque fraction de degré additionnelle et chaque année au-delà de ce seuil entraînera des conséquences plus dévastatrices, prévient l’auteur principal à l’approche de la COP31. Les experts soulignent également que « la récupération sera très lente » en cas de rude rétrogradation thermique. D’après la glaciologue Chen Zhao, diminuer le réchauffement moyen « n’effacera pas pour autant les conséquences du réchauffement subi durant la période de dépassement ».

Des « lueurs d’espoir » demeurent pour la banquise arctique ou certains massifs, à condition que le réchauffement revienne rapidement sous 1,5 °C ou 1 °C. Néanmoins, le climatologue Matthew England nuance : « Le calendrier de cette reconstruction est très loin d’être linéaire par rapport à celui du déclin. Cela peut prendre plusieurs décennies, voire des siècles ».

Agir immédiatement contre les énergies fossiles

Le second rapport envisage un scénario dans lequel les températures atteindraient + 2,8 °C. Ainsi, le niveau des mers pourrait augmenter de 5 cm par an d’ici 2150, comparé à 0,45 cm actuellement, et le permafrost pourrait libérer autant de CO2 chaque année que les émissions actuelles des États-Unis.

Ce sombre scénario reste probable : les trajectoires actuelles indiquent un réchauffement de + 2,6 °C d’ici 2100. James Kirkham souligne que « Un dépassement temporaire de 1,5 °C ne signifie pas que les objectifs de l’Accord de Paris sont obsolètes. Au contraire, cela les rend encore plus urgents ».

Des mesures immédiates concernant les énergies fossiles pourraient permettre de réduire significativement les dommages à la cryosphère et leurs conséquences. Rappelant l’éboulement glaciaire dévastateur survenu en août au Népal, causant plus de 1 500 morts et 5 000 disparus, le chercheur Gunjan Silwal prévient : « Les décisions prises dans les années à venir détermineront l’ampleur des dégâts […] la tragédie au Népal n’est qu’un avant-goût ».

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